Délicieux : fine(s) bouche(s)

Dans notre pays, nous aimons la bonne chair, je ne vous apprends rien. Un bon restau, le midi ou le soir, c’est toujours quelque chose de spécial, un moment sympa qu’on aime partager et qui nous avait bien manqué ces derniers mois. Ce qu’on sait moins, c’est comment on en est arrivé là.

Nous sommes en 1788 en Auvergne. Pierre Manceron est le cuisinier personnel du duc de Chamfort. Pour lui et ses hôtes, il réalise de magnifiques plats, tout aussi raffinés que les autres. Un plaisir qui n’est réservé qu’à une certaine catégorie de la population. Un soir, alors qu’il sert les invités de son maitre, il est pris à partie par l’un d’entre eux qui lui reproche un plat. Le duc lui demande de s’excuser, Manceron refuse. Ce dernier quitte son maître et retourne avec son fils, non loin de son village. Un jour, une mystérieuse femme, Louise, frappe à sa porte. Elle voudrait être embauchée comme apprentie. Manceron accepte avec réticences. C’est alors que tous les deux lancent une idée novatrice et ambitieuse : créer une salle où chacun pourra découvrir et goûter les produits du terroirs. Autrement dit, ils viennent d’inventer le restaurant, un concept qui trouve ses amis mais aussi… ses ennemis.

Jusqu’à la Révolution française, le bien manger était réservé aux gens de la haute, comprenez les nobles. Eux seuls pouvaient se permettre de découvrir de nouvelles saveurs tout en faisant étalage de leur puissance ainsi que de leur richesse. Avoir un cuisinier personnel, c’était un marqueur de richesse. Quant au tiers-état, il se nourrissait exclusivement pour vivre et il était bien rare qu’il prenne son temps à découvrir de nouvelles sensations, encore moins à manger dehors. 

Aussi, lorsque Pierre et Louise créent le tout premier restaurant au monde, il s’agit bien plus d’une innovation, on assiste à une révolution avant l’heure. Plus qu’un simple lieu où on vous sert des plats, c’est un endroit qui rassemble quel que soit sa condition ou ses origines sociales. Manger au restaurant, c’est quelque chose de « démocratique » dans la mesure où on conteste aux nobles le privilège de bien manger et de découvrir des mets souvent rares et (donc) hors de prix pour l’époque. Une révolution avant l’heure que voit d’un mauvais œil le duc de Chamfort joué avec un certain cynisme par Benjamin Lavernhe. Un duc qui joue sur sa prétendue puissance pour imposer ses volontés à Manceron quitte à jouer avec lui. Face à cet état de fait, le cuisinier expérimenté, bien aidé de Louise mais également de son fils imprégné des idées des Lumières, devra s’accrocher, pas seulement vis-à-vis de son restaurant, mais aussi pour son estime, une façon de remettre le duc et par extension la noblesse à sa place.

Comédie agréable porté par un duo qui l’est tout autant, Délicieux se déguste à l’image des plats réalisés et nous rappelle qu’une idée toute simple peut avoir de grandes conséquences. 

Délicieux

Un film de : Eric Besnard

Avec : Grégory Gadebois, Isabelle Carré, Benjamin Lavernhe, Guillaume de Tonquédec, Lorenzo Lefèbvre, Marie-Julie Baup…

Pays : France

Genre : Comédie, Historique

Durée : 1h53

Sortie : 8 septembre

Note : 14/20

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