Adieu les cons : écorchés vifs

Albert Dupontel est un écorché vif, le genre d’acteur-réalisateur qui a toujours quelque chose à dire, parfois de manière cash, sans concession mais toujours avec le respect, ce qui rend ses films agréables à voir, très agréables. 

Après Neuf mois ferme et Au-revoir là-haut, son nouveau film ne devrait pas faire exception, d’autant qu’il est dans l’air du temps. Nous sommes quelque part en France. Suze Trappet est une femme d’une quarantaine d’années, coiffeuse de son état. Un jour, elle apprend une terrible nouvelle : elle est malade et il reste que peu de temps à vivre. L’émotion passée, elle souhaite réaliser quelque chose qui lui tient vraiment à cœur : retrouver son fils qu’elle a eu à 15ans et qu’elle a abandonné à sa naissance. Toutefois, pas facile d’atteindre cet objectif surtout lorsqu’on est face à une lourde administration. Dans sa requête, elle fait la rencontre de JB et de Monsieur Blin. Le premier, veut en finir avec la vie depuis qu’il a été mis au placard par sa hiérarchie, le second a été recasé aux archives, malgré le fait qu’il soit devenu aveugle. Tout trois, on a un point commun : ce sont des marginaux, laissés pour compte de la société mais qui se comprennent et finir par s’entraider. 

Suze, JB et Monsieur Blin : trois écorchés vifs qui tentent de remettre de l’ordre dans leur vie, avant de faire le bilan. C’est notamment le cas pour notre coiffeuse qui souhaite retrouver son fils avant qu’elle ne meure, fruit d’une relation forte et sincère avec un garçon âgé de 20 ans. Elle, qui a eu une existence somme toute banale jusqu’ici, veut que, pour une fois, elle soit entendue et comprise. Pas facile cependant face à une administration lourde et surtout implacable, comme le souligne très subtilement et habilement Albert Dupontel. La machine administrative est froide, elle manque surtout d’humanité, ce que le réalisateur explique tout au long de son film.

 

Cette humanité qui manque, JB et Monsieur Blin sont chargés de la réintroduire, en filant un coup de main à Suze. JB et Monsieur Blin, eux aussi, n’ont pas été épargnés par la vie et la société les calcule à peine. On les met dans un placard, faute de mieux. Aussi, aider Suze à réaliser sa dernière volonté, c’est une façon, pour eux, de dire « merde » aux cons, et de se sentir utile. 

Drôle, caustique et surtout très mélancolique, Adieu les cons déteint et réussit le tour de force de nous rendre philosophe malgré la gravité du synopsis. Sans doute que la performance d’Albert Dupontel y est pour quelque chose mais c’est celle de Virginie Efira qui est tout simplement remarquable. Gracieuse, belle mais surtout blessée, elle incarne à la perfection cette Suzie qui veut tout simplement dire au fils qu’elle n’a jamais élevé « je t’aime » avant de tirer sa révérence, ce qui est une magnifique preuve d’amour. 

Adieu les cons

Un film de : Albert Dupontel

Avec : Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Bastien Ughetto, Bouli Lanners, Marilou Aussiloux, Terry Gilliam… 

Pays : France

Genre : Comédie

Durée : 1h27

Sortie : le 21 octobre

Note : 16/20

2 commentaires sur “Adieu les cons : écorchés vifs

  1. Bon jour,
    Bel article. Quoi qu’il en soit, pour moi, Albert Dupontel est l’acteur, réalisateur, auteur, humoriste … parmi les génies … rien de moins, rien de plus …
    Max-Louis

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