Babylon : lettre d’amour

Damien Chazelle est amoureux. Amoureux fou de son art et de son métier. Cela se ressent clairement dans ses œuvres et elles sont toujours un plaisir de les découvrir. Il faut dire que depuis Whiplash, son premier film sorti il y a un peu plus de huit ans, je suis plus que convaincu par ses films, devenant un spectateur attentif de son actualité.

Babylon nous plonge en plein milieu des années 1920, à Los Angeles. L’industrie du cinéma muet est à son apogée et le tout-Hollywood se donne rendez-vous dans des soirées aussi dantesques que décadentes. C’est dans une d’entre elles que le spectateur fait la connaissance de Millie LeRoy, jeune et jolie comédienne qui rêve de percer, Manuel Torres, un immigré mexicain qui souhaite travailler dans le monde du cinéma, Jack Conrad, un acteur confirmé, véritable star ou encore de Sidney Palmer, un musicien de jazz noir. Quatre personnages, quatre destins que l’on suit dans un contexte marqué par l’arrivée du cinéma parlant. Une véritable révolution qui fera des heureux mais également des dégâts incalculables. Une transition que nos quatre protagonistes principaux devront gérer avec plus ou moins de réussite, entre succès vertigineux et grosses désillusions. 

Comme je viens de l’écrire, Babylon c’est tout d’abord, l’histoire croisée de quatre destins embarqués dans le Hollywood des années 1920, un Hollywood en pleine ébullition et dans lequel réside ce mélange d’industriel mais aussi d’artisanal sur le plan de la production cinématographique. Un monde hybride dans lequel chacun tente de trouver sa place, le tout avec une certaine insouciance et où la moindre opportunité peut être synonyme de chemin vers la célébrité et la gloire. Millie LeRoy, à ce titre, l’a bien compris, elle qui est issue d’une famille modeste. Jeune et jolie femme, elle profite d’une soirée pour se faire remarquer et remplacer au pied levé, une actrice. Sa carrière décolle et elle devient une égérie du cinéma muet où elle détonne de par sa personnalité mais aussi ses frasques. 

Aussi, lorsque le cinéma parlant émerge, peu de personnes se rendent réellement compte des conséquences à venir, même si tous tentent bon gré, malgré, de s’adapter et prendre ainsi le train en marche. En effet, Millie LeRoy mais également Jack Conrad sous-estiment l’onde de choc que provoque cette nouvelle révolution, un changement de paradigme qui les rend plus vulnérable et les met progressivement sur la touche. Là, ils étaient les rois dans le cinéma muet, ils voient avec le cinéma parlant, leur carrière remise en cause. Parallèlement, d’autres profitent allégrement de cette nouvelle donne à commencer par Sidney Palmer mais également Manuel Torres qui, grâce à son approche, gravite progressivement les échelons. Une ascension qui ne fera pas que des heureux et qui se paiera au prix de sacrifices et de compromis, voire de compromissions dans cette Amérique qui, dans le même temps, passe d’une certaine décadence à un certain retour à l’ordre moral. 

Film détonnant, coloré et décoiffant, Babylon se veut un hommage osé (mais pas trop) au cinéma entre grandeur, évolution magistrale mais aussi désillusions et dépressions. Sur ce point, la mise en scène de Damien Chazelle mais également la bande son originale signée Justin Hurwitz sont loin d’être anecdotiques. Elles contribuent à l’atmosphère à la fois joyeuse comme tragique d’une période charnière mais ô combien cruciale pour l’histoire du cinéma, comme le rappelle si bien la scène ultime du film. 

Une véritable déclaration d’amour

Babylon

Un film de : Damien Chazelle

Avec :  Brad Pitt, Margot Robbie, Diego Calva, Jean Smart, Jovan Adepo, Li Jun Li, Tobey Macguire…  

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Historique 

Durée : 3h09

Sortie : 18 janvier 

Note : 17/20

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