13312610_500225526839443_6682724323939163566_n-1La carte Illimité. Une formule qui vous donne une liberté de dingue et qui vous évite de faire un choix cornélien entre telle ou telle œuvre avec pour seul désagrément celui de vous faire perdre votre temps, si le film que vous avez vu était une bouse ou était remarquable de part sa lenteur ou longueur.

En France, les deux principaux multiplexes tentent d’attirer de nouveaux clients et font tout pour rendre leurs abonnements ciné attractifs. En 2016, par exemple, UGC s’attaquait aux moins de 26 ans avec sa formule illimitée à 17,90 euros/mois. En contrepartie, elle augmentait son offre de 1,7% pour les autres abonnés, même ceux de longue date. Autant vous dire que le possesseur que je suis avait apprécié la hausse un peu brutale et quasi-imposée de ma prestation.

Mais ce n’est rien comparé à la mini-fronde (mini seulement ?) que j’observe depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Il y a quelques temps, Gaumont-Pathé a présenté sa nouvelle formule illimitée, moins chère mais aussi (et c’est là que le bas blesse) moins avantageuse.

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En effet, si pour s’acquérir du Ciné Pass, il vous faudra débourser 16,90 euros si vous avez moins de 26 ans, 19,90 euros si vous êtes seul ou 33,90 euros si vous êtes à deux, dites néanmoins adieu à la 3D, l’IMAX et cie. Ces suppléments ne sont plus inclus dans l’abonnement, ce qui suppose de les acheter. Une nouvelle politique qui passe très mal dans la planète des cinéphiles où certains ont même lancé une pétition pour dénoncer l’attitude de Gaumont-Pathé, d’autres envisageant même de passer à la concurrence. A ce jour, 7 000 personnes ont signé cette fameuse pétition, un record en soi !

La nouvelle position de l’entreprise au coq et à la pétale de marguerite est à double-tranchant. Car si elle se place comme étant l’offre la moins chère sur le marché par rapport à sa rivale UGC (associée à MK2), elle fait un drôle de pari suivant que les gens, s’ils veulent de la qualité, n’ont qu’à en payer le prix. Après tout, si on se fait l’avocat du diable, on peut se dire que les habitudes ciné des gens ne sont pas identiques et que chaque abonné vient au ciné en fonction de ses goûts et ce qu’il recherche. Tout le monde ne souhaite pas forcément une expérience en IMAX ou en 3D, et à ce titre, la nouvelle formule ne peut qu’intéresser certains.

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Sauf que les anciens abonnés dénoncent une offre qui s’impose à eux et qui, au bout du compte, leur fait perdre tous les avantages passés. Car outre, les expériences cinéma désormais payantes, oubliez aussi les places anniversaires, les dix places gratuites/an et les tarifs préférentiels dont le très avantageux tarif accompagnant qui fait que celui qui vous accompagne ne payait sa place que… six euros, un prix qui m’avait presque fait hésiter pour rejoindre Gaumont-Pathé, c’est vous dire ! Il va sans dire que la suppression de ces avantages ne va pas finir à faire grincer des dents, surtout si le distributeur ne fait pas de compensation. Ce dernier, de son côté, tente de se montrer compréhensif déclarant dans les colonnes de 20 minutes, le 4 octobre dernier :

« On comprend très bien les réactions et n’y voyez pas de condescendance. Mais on a presque trop donné. L’idée est de simplifier l’offre, de rendre le cinéma accessible à tous partout, tous les jours. Sans oublier que les pass illimités sont une manière de fidéliser une partie du public, mais ne représente en aucun cas la majorité du public. »

Argument valable d’un point de vue rationnel mais pas sur qu’il satisfasse les abonnés, du moins une grande partie. Car en voulant concurrencer UGC sur sa grille tarifaire, Gaumont-Pathé pourrait se faire damer le pion par sa rivale qui pourrait en profiter pour communiquer sur les avantages qu’offrent sa formule d’abonnement, histoire d’en boucher un coin ?