Falcon Lake : désirs et émois

Charlotte Le Bon. Je me demandais où était passée l’ancienne miss Météo de Canal Plus durant tout ce temps. Après avoir débarqué à la télé sur la chaine cryptée il y a de cela une quinzaine d’années et débuté une carrière au cinéma avec La stratégie de la Poussette, sorti fin 2012, la Canadienne s’était faite un peu discrète à mon goût. Sans doute le temps nécessaire pour passer derrière la caméra et réaliser son premier long métrage. C’est en toute logique que, suivant l’actualité de cette Québécoise pimpante lors de ses séquences dans le Grand Journal, j’ai voulu découvrir son projet et en savoir donc un peu plus. 

Nous sommes au Québec, dans la région des Laurentides. C’est les vacances d’été et Bastien, un français de 13 ans (presque 14) passe quelques jours avec son petit frère et ses parents, chez des amis de ces derniers. Il est hébergé dans la chambre de Chloé, la fille de la meilleure amie de sa mère. Elle a 16 ans, est un peu solitaire et est comme une ado de son temps, elle est souvent sur son téléphone portable. Si Chloé ne se montre pas tellement enthousiaste à l’idée de partager sa chambre et son espace avec Bastien, les deux adolescents se découvrent progressivement plusieurs atomes crochus et s’attirent mutuellement. Dans un rapport de séduction et de provocation, Bastien et Chloé se découvrent et passent leur temps sur les rives d’un lac qui, raconte-t-on, est hanté par le fantôme d’un  enfant noyé il y a quelques années de cela…

Une histoire d’amour, de désir et de fantômes. Triptyque un peu simpliste mais au bout du compte efficace pour présenter le premier long-métrage de Charlotte Le Bon. Bastien et Chloé semblent, en effet, l’exact opposé de l’autre. Elle est plus âgée que lui (de deux, trois ans certes mais dans le monde de l’adolescence, les semaines se conjuguent en mois et les mois en années), et semble plus extravertie, là où Bastien est plus timide. Elle est un peu provocante alors qu’il est plutôt réservée. Pourtant, cela ne les empêche pas d’établir progressivement une connexion. 

Il faut dire que Bastien peut difficilement rester de marbre face à Chloé. Du haut de ses seize ans, l’adolescente en impose et très vite, il n’est pas insensible à sa personnalité. Cette attirance se fait progressivement et elle devient réciproque tout en restant mesurée. On est plutôt dans un subtil mélange où l’un pousse l’autre dans ses retranchements et où l’un initie l’autre. Une scène centrale résume bien cette situation dans laquelle, tout se rejoint : la sensualité, le défi, la peur, l’amour… au contact de Chloé, Bastien est en éveil et découvre ses premiers émois amoureux comme sexuels, le temps d’un été mais seulement. Avec Chloé, Bastien découvre les soirées d’été autour du feu, se dévoile davantage et tente de dépasser sa peur panique de l’eau. L’eau, bien plus qu’un élément, qui est un personnage à part entière du film. Ce personnage qui affine nos deux protagonistes mais détermine aussi leur destinée comme l’issue de cette histoire. 

Malgré quelques longueurs, Falcon Lake gagne en intensité. Charlotte Le Bon a bien géré cette première fois derrière la caméra, grâce à un savant dosage mêlant sensualité, émotions, émois mais aussi complicité, tout en permettant au spectateur d’avoir un regard bienveillant et pas trop intrusif. 

Un film qui nous touche au cœur et nous ramène immanquablement à nos années d’adolescence.

Falcon Lake

Un film de : Charlotte Le Bon

Avec : Joseph Engel, Sara Montpetit, Monia Chokri, Arthur Igual, Karine Gonthier-Hyndman… 

Pays : Canada

Genre : Comédie dramatique, Romance

Durée : 1h41

Sortie : 7 décembre

Note : 14/20

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