Rebel : proie(s)

Parler de radicalisation et de terrorisme n’est pas une chose facile en soi, même le thème n’est pas nouveau au cinéma. Le sujet est en effet anxiogène et prête le plus souvent le flanc à la critique. Toujours est-il qu’il ne laisse personne indifférent, surtout quand le tragique se déroule sous nos yeux. 

Nous sommes en 2014 en Belgique. Kamal, un rappeur, connu notamment sur les réseaux sociaux via ses clips, décide de se rendre en Syrie, afin d’aider la population civile. En effet, ulcéré par la guerre civile et le cynisme de Bachar El-Assad, il souhaite se rendre utile. Il quitte donc Bruxelles et se rend au front. Il est toutefois pris dans le piège de la guerre et se trouve aux mains d’un groupe armé ayant fait allégeance à Daesh. Bloqué à Raqqa, il n’a pas d’autres solutions que de suivre les islamistes. De son côté, Nassim, son frère de 13 ans, ne souhaite qu’une chose : revoir Kamal. L’adolescent devient alors une proie facile pour les recruteurs du djihad, sous les yeux inquiets mais impuissants de sa mère. 

Rebel s’inspire de plusieurs faits réels, ceux de Belges originaires du Maroc qui, du jour au lendemain, ont tout quitté pour venir en aide aux Syriens oppressés par le régime en place. C’est ce que pense Kamal, rappeur engagé qui ne supporte plus les images d’un pays en guerre mais surtout de civils livrés à leur triste sort. Aller en Syrie, c’est une question qui ne se pose même pas, il veut combattre à sa façon le régime de Bachar El-Assad. Le dirigeant syrien est le mal absolu, qui plus est soutenu par les Occidentaux, c’est un devoir moral d’aller sur le front pour lui. 

Les choses changent lorsqu’il est enrôlé de force par un groupe djihadiste particulièrement violent, cynique voire pervers. Kamal comprend et subit la sordide réalité de la guerre et de Daesh, sa violence, sa propagande, sa voyoucratie. Daesh ne construit pas des écoles, ne vient pas en aide à la population ou encore combat Al-Assad. Elle tente d’imposer son idéologie mortifère basée sur une version falsifiée et criminelle de l’islam, profitant de la crédulité de certains.

Lubna Azabal – REBEL directed by Adil El Arbi and Bilall Fallah for Caviar

Une réalité que Nassim ignore tout simplement. Très proche de son frère, il ne peut supporter cette situation et l’éloignement. Il est dès lors une proie facile pour les recruteurs du djihad qui sur fond de discours complotiste et identitaire tentent de mettre le jeune garçon sous leur emprise. Une véritable course contre la montre s’engage avant qu’il ne soit trop tard et que la marche à la radicalisation ne devienne irréversible. 

Nous sommes bien loin de Bad Boys for life mais c’est pour la bonne cause, dirons-nous ! Rebel nous raconte un processus qui peu à peu pulvérise une famille et dont les conséquences demeurent incalculables. Un film dur, sans concession mais dans lequel les réalisateurs s’interrogent tout simplement, sans nécessairement trouver les réponses. 

Comme nous tous d’ailleurs ! 

Rebel

Un film de : Adil El Arbi, Bilal Fallah

Avec : Aboubakr Bensaihi, Lubna Azabal, Tara Abboud, Younes Bouab, Amir El Arbi… 

Pays : Belgique

Genre : Action, Thriller, Drame

Durée : 2h14

Sortie : 31 aout

Note : 14/20

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