Les cinq diables : odeurs et passé

Léa Mysius est une réalisatrice qui se distingue peu à peu alors qu’elle n’a fait que deux films jusqu’ici dont celui que je vais vous présenter. C’est peut-être peu pour certains mais suffisant pour qu’on parle de vous, de votre travail, de votre univers et surtout de l’histoire que vous racontez. 

Nous sommes dans les Alpes. Joanne est maitre-nageuse dans une piscine. Ancienne reine de beauté – elle fut notamment miss Rhône-Alpes – elle est mariée à Jimmy, sapeur-pompier avec qui elle a une fille, Vicky. Vicky a un don. Celui de sentir et de reproduire les odeurs de son choix qu’elle collectionne dans des bocaux. Elle a, par exemple, celles de sa mère avec qui elle est très proche. Un jour, Julia débarque dans sa vie. Julia, c’est la sœur de son père, la tante qu’elle ne connaît pas. Juila est une femme tout aussi secrète et dont le retour fait parler. Vicky décide alors de capturer et de reproduire son odeur, sans se douter qu’elle va lever le voile sur un secret de famille particulièrement pesant. 

Cinq ans après Ava – qui a révélé Noée Abita – Léa Mysius nous plonge dans une histoire singulière, véritable huis-clos qui ne demande qu’à exploser dans les faits. Vicky est une enfant solitaire, qui n’a pratiquement pas d’amis et qui se fait harceler à l’école. Aussi, son don, c’est un peu un échappatoire, une façon d’exister mais aussi de percer la personnalité des gens. C’est notamment le cas avec Joanne, sa mère dont on découvre rapidement qu’elle est gagnée par une certaine mélancolie. Elle aurait pourtant de bonnes raisons d’être heureuse mais le spectateur comprend assez rapidement que son mariage se trouve plus ou moins dans l’impasse et que son travail ne le passionne pas tant que cela, comme si elle avait envie d’ailleurs et/ou d’autre chose. 

Le retour de Julia, sa belle-sœur, ravive de forts souvenirs que Vicky ne va tarder de découvrir. Un retour fortement redouté par Joanne mais aussi par l’ensemble des habitants qui la considère comme folle et surtout responsable d’un terrible événement survenu il y a quelques années. Julia, c’est un passé qu’elle veut oublier, un passé encore douloureux et dont Vicky est la conséquence, même si bien évidemment, elle aime profondément sa fille. Le retour de Julia dans la vallée, c’est pour Joanne, l’expression claire et nette que quelque chose ne va pas dans son existence, ce qui d’ailleurs se devine assez nettement tout au long du film. 

Aussi, Vicky s’embarque au sens propre comme figuré dans le passé de sa famille, un passé qui en réalité ne demande qu’à s’exprimer. Comme s’il était temps d’en finir avec une certaine mascarade, une mascarade que personne n’a voulu mais qui est là quand même. Avec sans doute, l’espoir d’être enfin libéré de ce poids et enfin exister par et pour soi-même. 

Second film de Léa Mysisus, les Cinq diables se déroule avec justesse, porté par une Adèle Exarchopoulos à la fois fragile et touchante mais également la jeune Sally Dramé, sans oublier une Daphné Patakia méconnaissable. Avec un bon rythme, le long-métrage se veut simple et percutant à la fois, ce qui le rend efficace

D’autant que les scènes du bassin ont été tournées à la Piscine Michel Beaufort de Bondy et c’est vraiment sympa ! Ah oui, et si vous êtes observateur, il y a Noée Abita qui fait un rapide caméo ! 😉 

Les cinq diables

Un film de : Léa Mysius

Avec : Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé, Swala Emati, Moustapha Mbengue, Daphné Patakia, Patrick Bouchitey, Noée Abita… 

Pays : France

Genre : Drame, Historique

Durée : 1h34

Sortie : 27 juillet

Note : 16/20

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s