[CANNES 2022] Coupez ! : Zombies et hommages

Ce film a été présenté en ouverture du Festival de Cannes qui se tient du 17 au 28 mai. 

Michel Hazanavicius est un cinéaste qui aime le cinéma. Bon dit comme cela, je ne fais qu’enfoncer une porte ouverte, mais c’est un fait intangible chez lui. Il aime le cinéma et l’a montré à plusieurs reprises notamment il y a dix ans avec The Artist. Son film, véritable hommage au cinéma muet, s’était vu attribuer la Palme d’Or et a propulsé Jean Dujardin, récompensé d’un Oscar l’année suivante, dans une autre dimension. 

Dix ans après, Michel Hazanavicius a l’honneur d’ouvrir le festival de Cannes avec une (énième) histoire de zombies. Nous sommes sur un plateau de tournage. L’ambiance est électrique et le réalisateur est du genre exigeant, très exigeant, limite tyrannique. Il est imbuvable avec ses acteurs mais aussi avec ses équipes. Résultat, il n’y a vraiment que lui qui se motive pour son projet, là où les autres montrent plus ou moins le détachement, pour ne pas dire leur lassitude. D’autant que la production n’est pas vraiment ouf, c’est un film à petit budget, c’est pratiquement de la série B. Cette bien étrange atmosphère est cependant perturbé lorsque de  véritables morts-vivants investissent le plateau.

Initialement Coupez ! devait s’intituler Z comme Z mais l’actualité immédiate en Ukraine a poussé les producteurs du film à revoir leur copie. Pour le reste, difficile de ne pas divulgâcher le film. En effet, tout repose sur un voire plusieurs effets de surprise, permettant au spectateur de comprendre mieux dans quoi il s’est embarqué mais aussi connaître les véritables intentions de Michel Hazanavicius. Le cinéma de zombie, c’est un prétexte, un alibi pour rendre hommage. Hommage aux morts-vivants et à un genre qui est loin de plaire à tout le monde (moi, le premier) mais qui fut maintes et maintes fois exploités sur le grand comme sur le petit écran. Hommage également au cinéma japonais friand du gore et de scènes où le sang coule à flots. 

Hommage, pour finir, au cinéma en lui-même où on découvre un réalisateur imbuvable, tête à claques et dont on rêve secrètement qu’il finisse dans un ravin, des acteurs qui ne savent pas vraiment ce qu’ils font là, un scénario et des dialogues qui fleurent bon les films français mais aussi un plan séquence plus qu’improbable. On pourrait se dire que le septième art est rhabillé pour l’hiver, dans ces conditions, mais en réalité, c’est bien plus subtil que cela. 

Dans ce film assez (voire clairement) WTF, le spectateur pourrait se sentir perdu mais il n’en est rien, bien au contraire ! On rit à gorges déployées, d’abord en raison du caractère ubuesque de la situation et ensuite en raison de d’autres situations que vous découvrirez en allant voir le film. Michel Hazanavicius a, effectivement et une nouvelle fois, exprimé tout son amour pour le cinéma, même s’il n’a pas hésité à se montrer un peu potache, pour notre plus grand plaisir.

Coupez !

Un film de : Michel Hazanavicius

Avec : Romain Duris, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois, Matilda Lutz, Jean-Pascal Zadi, Luàna Bajrami, Finnegan Oldfield, Charlie Dupont, Lyes Salem, Agnès Hurstel… 

Pays : France

Genre : Comédie

Durée : 1h51

Sortie : 17 mai

Note : 16/20

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