La colline où rugissent les lionnes : cris

Luàna Bajrami. Ce nom ne vous dit pas (encore) grand-chose mais je pense, sans trop me risquer, que vous l’entendrez de plus en plus dans les années à venir. La franco-kosovare commence tranquillement à tisser sa toile dans le cinéma français notamment avec Portrait de la Jeune fille en feu mais également Les 2 Alfred, sortis respectivement en 2018 et 2021. Non contente cependant d’être devant la caméra, Luàna a décidé de passer derrière, réalisant ainsi son premier film à seulement 21 ans. 

Nous sommes à Pleshina, un village situé dans le Kosovo. Qe, Li et Jesta mènent une existence simple, voire trop simple. Peu de perspectives s’offrent à elles et elles ne pensent qu’à une chose : quitter la région, voire le pays. S’inscrire à la fac peut être une porte de sortie, une possibilité d’ascension sociale, histoire aussi d’aider (ou de fuir) leurs familles respectives. Tout est brutalement remis en question lorsque les portes de l’université se ferment. Bien décidées à ne pas subir, Qe, Li et Jesta entendent bien se réveiller telles des lionnes, prêtent à tout pour rugir et assouvir leur soif d’indépendance, peu importe le prix et les conséquences.

Trois filles d’une vingtaine d’années bloquées dans leur village et qui rêvent d’émancipation. L’histoire se passe, comme écrit plus tôt au Kosovo, mais elle pourrait aussi se  dérouler en France. Qe, Li et Jesta ont toutes les trois des conditions de vie modestes et elles rêvent surtout d’ailleurs. Comment faire toutefois, lorsqu’il est pratiquement impossible d’obtenir un visa Schengen, le Kosovo n’étant que partiellement reconnu par la communauté internationale ? Leur village, malgré les montagnes et ses lacs, semble une prison à ciel ouvert où rien ne se passe, ou plutôt à l’abri des regards. Qe, Li et Jesta doivent subir un père autoritaire ou un oncle abuseur. Elles savent que leur salut passe par un départ définitif, ce qui suppose de trouver l’horizon.

Aussi, elles ne comprennent pas trop pourquoi Lena, une française d’origine kosovare débarque dans leur village, y passer l’été. Si pour la jeune femme, le retour au pays c’est l’occasion de revenir à la source, pour la bande de filles, c’est un peu incompréhensible, estimant qu’elle ne mesure pas la chance de vivre à Paris. C’est tout bonnement une privilégiée mais Qe, Li et Jesta comptent malgré tout saisir leur chance et satisfaire leur désir d’indépendance. 

Alors elles l’expriment de façon radicale, vive et précise ! La colère qui sommeillait en elles surgit soudainement leur offrant ce sentiment de liberté. Une liberté qui grise et dont elles veulent en profiter à tout prix, quelque soient les conséquences.

Ce premier film détonne par sa fraîcheur, le jeu des actrices et son rythme. Luàna Barjami arrive tout simplement à imposer son style tout en prenant soin de ne pas étouffer ses trois comédiennes principales qui portent avec justesse et sincérité son projet. Les lionnes rugissent donc, Luàna aussi et mon petit doigt me dit que ce n’est qu’un début ! 

La colline où rugissent les lionnes (Luaneshat et kodrës)

Un film de : Luàna Barjami

Avec : Flaka Latifi, Uratë Shabani, Era Balaj, Andi Bajgora, Luàna Barjami…

Pays : France/Kosovo

Genre : Drame

Durée : 1h24

Sortie : 27 avril 

Note : 16/20

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