De nos frères blessés : pour la cause

Je commence à vouer un culte à Vincent Lacoste. Enfin, soyons précis ! J’apprécie de plus en plus cet acteur et c’est toujours un plaisir de le voir dans les films auxquels il participe. Ce qui est sûr, c’est qu’il est loin le temps où il jouait dans Les Beaux Gosses, il s’affirme de plus en plus comme un comédien de premier plan. 

De nos frères blessés confirme ce constat, le tout porté par un Vincent Lacoste qui nous plonge en pleine guerre d’Algérie, du côté de ces Français qui non seulement rejetèrent le conflit mais ont même appuyé le droit à l’autodétermination du peuple algérien. Nous sommes en 1954 à Paris. Fernand Iveton, un ouvrier métallurgiste, militant communiste, est de passage dans la capitale. Né en Algérie, à Clos-Salembier (aujourd’hui El Madania), c’est un sympathisant de l’indépendance. Un soir, il tombe sur Hélène, une femme plus âgée que lui, d’origine polonaise. Fernand et Hélène tombent amoureux et elle le rejoint à Alger avec son fils. Là-bas, elle découvre le combat de son mari mais aussi l’injustice de l’État français face aux populations musulmanes. Un jour tout bascule. Fernand est arrêté pour tentative d’attentat. Il est soupçonné d’avoir déposé deux bombes, l’une sur son lieu de travail, l’autre en centre-ville d’Alger. Jugé par un tribunal militaire, il risque la peine capitale. 

De nos frères blessés raconte une histoire vraie, celle de Fernand Iveton qui, en 1956, fut jugé pour avoir voulu commettre un attentat. Nous sommes, pour rappel, en pleine guerre d’Algérie. Le contexte est particulièrement anxiogène et ce qu’on rappelle encore pudiquement « les évènements » rentre dans une nouvelle phase, une phase plus violente avec l’arrivée massive d’appelés au contingent et les actions du Front de Libération Nationale (FLN) qui s’intensifient. 

Fernand n’a jamais caché sa sympathie pour la cause algérienne, bien au contraire ! Pour lui, le constat est simple et sans appel : l’Algérie, c’est l’Algérie, il est ici et il se sent algérien. Ses ami arabes sont ses frères et il est persuadé que l’indépendance est un droit légitime et qui ne remettra en aucun cas la coexistence pacifique, l’harmonie qui existe entre la communauté musulmane et la communauté européenne. 

Face à Fernand, Hélène. Cette femme, qui a tout quitté pour lui, comprend le combat de son mari sans nécessairement y prendre une part active. Ce qui importe, c’est son amour profond pour Fernand. Elle qui assiste également aux premières loges du conflit, se range progressivement du côté de son mari et de la cause, même si elle a dû mal avec les risques que cela encourt. 

Aussi lorsque Fernand est arrêté et jugé, une course contre la montre est enclenchée. Le contexte étant très tendu, la tentation par l’armée et par extension l’État français de faire de ce jeune militant communiste un exemple est forte. Qu’importe pour autant ! Ce qui compte, c’est le combat pour l’Algérie, le combat pour l’indépendance. Un combat que Fernand veut continuer de mener, quitte à être considéré comme un traitre, un vendu par les tenants de l’Algérie française. 

Vincent Lacoste est tout simplement remarquable. Comme je l’ai précédemment indiqué, il s’affirme de plus en plus comme un acteur de premier plan, franchissant ainsi un nouveau palier. Il réussit avec justesse à nous raconter l’histoire (assez méconnue) de Fernand Iveton, un trentenaire qui n’a pas hésité à se battre pour ses convictions et qui ne s’est jamais renié, quelques soient les conséquences.

Une réhabilitation nécessaire, en cette année qui marque les soixante ans des accords d’Évian. 

De nos frères blessés

Un film de : Hélier Cisterne

Avec :  Vincent Lacoste, Vicky Krieps, Jules Langlade, Meriem Medjkane, Myriam Ajar, Maximilien Poullein, Thomas Ducasse…  

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h35

Sortie : 23 mars

Note : 15/20

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