Rien à foutre : low-cost

Prendre l’avion, c’est toujours quelque chose de spécial, un moment particulier pour la plupart d’entre nous, dans la mesure où c’est un moyen de transport qui ne se prend que très occasionnellement, à moins d’être un homme ou une femme d’affaires qui prend l’avion ne serait-ce qu’une fois par semaine, ce qui, vous en conviendrez, reste très rare. 

Parmi le personnel naviguant, on a les stewards et les hôtesses, ceux et celles qui sont là pour s’assurer que tout se passe bien durant le vol, qui sont aux petits soins, bref que vous ayez la meilleure expérience possible et les services qui vont avec, proportionnellement au prix de votre billet. Cassandre fait partie de ces gens. Jeune belge de 26 ans, elle est hôtesse chez Wing, une compagnie low-cost. Cela fait trois ans qu’elle enchaîne les vols, essentiellement à travers l’Europe, à un rythme assez soutenu, pour ne dire très soutenu. Un métier qui lui convient, du moins en apparence. En effet, elle doit affronter et subir la pression de plus en plus nette de ses supérieurs, notamment en ce qui concerne la cadence et les roulements. Cassandre suit, vaille que vaille, tient bon mais commence à tanguer. Peut-être encore tenir le coup alors que dans le même temps, elle connaît un drame familial ?

Derrière sa fameuse image d’Épinal, le métier d’hôtesse de l’air cache une réalité pas tellement glamour. C’est encore plus vrai lorsque vous bossez dans une compagnie à bas coût, les fameux low-cost. Le spectateur est immédiatement mis dans l’ambiance à travers la scène d’ouverture dans laquelle, il est rappelé aux hôtesses de faire du chiffre sur l’ensemble des produits qu’ils proposeront durant le vol. Turn-over, tâches répétitives, personnel multifonction, temps chronométré pour nettoyer l’avion entre le débarquement et l’embarquement… tout est bon pour assurer des petits prix pour les clients mais surtout la rentabilité de la compagnie. 

C’est dans cet univers que travaille Cassandre. Jeune et sans attache, elle paraît, malgré des conditions de travail précaires et difficiles, assez déconnectée, comme si elle ne se sentait pas concernée. Cassandre, c’est une hôtesse de l’air lambda qui se contente d’alimenter sur compte Instagram, d’aller sur Tinder (pour multiplier les coups d’un soir) et c’est pas plus mal même si cela ne l’empêche pas d’être admirative lorsqu’elle croise ses collègues d’Emirates ou de Qatar Airways, la crème de la crème. Une attitude qui peut paraître déconcertante mais qui en réalité, cache une certaine fuite en avant. Voler, être dans les airs, lui permet de prendre de la distance. Une façon aussi de ne pas affronter son mal-être ?

Rien à foutre se regarde et peut se comprendre comme un documentaire, mettant en scène une jeune femme de 26 ans qui avance vaille que vaille, malgré tout. Adèle Exarchopoulos incarne avec finesse, cette Cassandre qu’on sent fragile mais qui tient encore, au point de se demander comment. Malgré un bon rythme, le film aurait sans doute gagné à être raboté une dizaine, voire une vingtaine de minutes, histoire sans doute d’atteindre plus rapidement la conclusion. Comme si, on voulait entretenir un suspense qui n’en est finalement pas un. 

Rien à foutre

Un film de : Emmanuel Marre et Julie Lecoustre

Avec :  Adèle Exarchopoulos, Alexandre Perrier, Maria Taquin, Jonathon Sawdon, Julie Sokolowski, Tamara Al Saadi, Jean-Benoit Ugeux… 

Pays : France

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h55

Sortie : 2 mars 

Note : 13/20

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