Comme un (mauvais) air de déjà-vu !

Alexander de Croo, Premier ministre (libéral) de Belgique

Alors qu’on semblait vivre un semblant de normalité et malgré l’existence d’un vaccin contre la COVID19, cette dernière semble déterminée à jouer les prolongations un peu partout dans le monde avec la présence (pour ne pas dire l’omniprésence) du variant Omicron venu tout droit d’Afrique du Sud, le mois dernier. 

Conséquence directe, et face à la montée exponentielle des cas, certains pays ont pris des mesures plus ou moins radicales mais qui ont toutes un point commun : la culture comme cible. Ainsi, les cinémas sont invitées, une fois encore, à fermer leurs portes au Canada (plus précisément au Québec), au Danemark, Pays-Bas et Belgique pour une durée d’un mois minimum, voire jusqu’à nouvel ordre chez nos voisins outre-Quiérvrain.

Une situation qui abasourdit l’industrie cinématographique pour des raisons évidentes. Que cela soit à Montréal, Bruxelles, Québec ou Anvers, les professionnels du secteur jugent aberrante cette décision qu’ils considèrent comme injuste et surtout désastreuse pour un milieu qui peine encore à se relever, malgré quelques signes encourageants. En Belgique par exemple, cette troisième fermeture est d’autant plus aberrante que d’autres secteurs restent ouverts même avec des restrictions, je pense aux restaurants et aux salles de sports. 

L’UGC Cinemas d’Anvers (Belgique)

Une situation ubuesque qui en dit long sur la considération véritable qui est accordée à la culture en général et au cinéma en particulier par les responsables politiques. Une fois encore, la culture sert de fusible, de variable d’ajustement pour lutter contre un pandémie dont on ne voit plus le bout et qui ne cesse de peser sur le moral de chacun. A ce titre, la réouverture des salles en mars dernier au Québec, et en juin en Belgique, avait été perçue comme un signe de soulagement, pour ne dire d’espoir, celui de retrouver une certaine normalité, du moins un semblant de vie sociale. Il est toujours utile de le rappeler en effet, le cinéma ce n’est pas uniquement un lieu de divertissement, c’est aussi et surtout un lieu où on vit et on partage des émotions collectives, choses qu’on retrouvera jamais devant Netflix, Disney Plus et compagnie. 

Message sur les réseaux sociaux des « Grignoux » une salle de cinéma située à Liège afin de protester contre sa fermeture

En prenant une nouvelle fois de mettre la culture sous cloche, les gouvernements des pays concernés prennent le risque de porter un coup supplémentaire à une cohésion sociale déjà bien mise à point, c’est du moins l’avis de l’épidémiologiste belge Marius Gilbert qui, sur les ondes de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) a exprimé ses craintes sur une mesure qu’il juge inefficace scientifiquement et contre-productive politiquement parlant, sauf à porter le coup de grâce aux professionnels du secteur. Des professionnels qui, selon l’expert, vont finir dans les bras des extrêmes tant la confiance est belle et bien rompue. A ce propos, certains cinémas, sans aller manifester aux côtés du Vlaams Belang tout de même (le parti extrémiste néerlandophone), ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne comptaient pas fermer leurs portes, le 26 décembre prochain, date de l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions, signe à la fois d’une colère qui se mue en révolte froide. 

Une décision qui risque de créer de sérieux remous qui ne fait d’émules dans le reste du monde, du moins pour le moment. L’industrie du cinéma continue de tourner à plein régime aux Etats-Unis et en France, l’hypothèse d’une fermeture des lieux culturels n’est pas à l’ordre du jour. Sans doute que l’introduction du pass sanitaire aide pour beaucoup dans cette position, mais c’est très probablement la perspective des prochaines présidentielles et législatives qui pousse sans doute le gouvernement à faire preuve de prudence tant il sait qu’il danse sur un volcan. En effet, une nouvelle restriction serait vue comme une véritable punition, voire une déclaration de guerre pour un secteur qui ne cesse de faire des efforts et qui digère encore sa précédente mise sous cloche de six mois, une mise sous cloche dont elle subit encore les effets, malgré quelques couleurs retrouvées. 

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