Cigare au miel : le qu’en dira-t-on

Zoé Adjani est une jeune actrice dont le nom ne vous dit sans doute pas grand-chose. Une comédienne que j’avais découvert, il y a sept ans – déjà – dans Cerise, l’histoire d’une ado qui, suite à une nouvelle dispute avec sa mère, est envoyée en Ukraine, pour aller vivre chez son père expatrié. Comédie plutôt sympa même si ce n’était pas le film du siècle !

Sept ans plus tard donc, changement de registre pour la nièce d’Isabelle Adjani dans un registre, un peu plus adulte et un peu plus dramatique. Nous sommes à Paris, en 1993. Selma vit à Neuilly-sur-Seine dans une famille algérienne, d’origine berbère. Le père est avocat, la mère, avocate également qui a suspendu sa carrière pour s’occuper sa fille unique. Ils mènent une existence bourgeoise, sont des laïques et ouverts sur le monde, à une époque où l’Algérie est en proie à la guerre civile. Alors que Selma vient d’intégrer une école de commerce, elle fait la connaissance de Julien. C’est tout le contraire de la jeune femme qui est de nature plutôt réservée. Au contraire, le jeune homme est un brin provocateur, n’hésitant pas à pousser Selma dans ses derniers retranchements mais également à remettre en cause quelques certitudes dans un contexte où l’équilibre de sa famille est précaire, tout comme la situation politique en Algérie. 

Jeune femme d’une vingtaine d’années, Selma est une franco-algérienne qui nage entre deux rives. Elle veut vivre sa jeunesse, sortir, profiter de la vie, à l’instar des jeunes de son âge. Sur le papier, c’est possible, elle qui vit en France, issu d’un milieu aisé, intellectuel et qui place la liberté d’expression et la lutte contre l’obscurantisme comme un porte-étendard. Cette liberté n’est que théorique, en réalité car si dans la famille de Selma, on se veut progressiste, la tradition n’est jamais loin et les principes (bourgeois) non plus !

C’est notamment le cas lorsque ses parents cherchent à tout prix à caser leur fille, à travers un mariage arrangé avec le cousin, plus ou moins éloigné, même s’ils s’en défendent. Selma n’en a cure, cela ne l’intéresse pas et elle mène la fronde, quitte à mettre ses parents face à leurs propres contradictions. Une volonté émancipatrice qui, en toute logique, n’est pas comprise (du moins moyennement acceptée) par les parents qui veulent, certes, le meilleur pour leur fille, du moment qu’elle se plie à leurs volontés. Aussi, lorsque Selma rencontre Julien, c’est l’occasion pour elle de se « lâcher », de se découvrir notamment sur le plan du désir et de la sexualité, des sujets tabous au sein de sa famille. Et qu’importe le qu’en dira-t-on. 

Avec une bande annonce intéressante et un synopsis qui l’était tout autant, Cigare au miel aurait pu se démarquer. Malheureusement, à force de faire dans les clichés et sur un air de déjà vu, le long-métrage de Kamir Aznouz se distingue par son rythme lent et un ennui certain, gâchant tout son potentiel. On ne sait pas trop où on va, ni quel message on cherche à transmettre (hormis, peut-être celui de la jeune femme rebeu, libre et émancipée, même au sein d’une famille bourgeoise, tradi mais laïque, mais bon ! Ça fait vraiment cliché !) toujours est-il qu’au bout du compte, on s’y perd un peu. Beaucoup même ! 

C’est bien dommage ! Le film et Zoé Adjani auraient mérité mieux !

Cigare au miel

Un film de : Kamir Aznouz

Avec : Zoé Adjani, Amira Casar, Lyes Salem, Louis Peres, Idir Chender, Axel Granberger… 

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h39

Sortie : 6 octobre

Note : 8/20

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