Eugénie Grandet : Mise en cage

Joséphine Japy poursuit son bonhomme de chemin, celle que j’avais découvert dans Neuilly sa mère où elle partageait l’affiche avec Samy Seghir et qui a été touchante dans Mon Inconnue, sorti il y a un peu plus de deux ans. Celle qui accessoirement a fait une partie de ses études à Sciences Po Lyon, puis Sciences Po Paris porte un nouveau projet tiré d’un classique de la littérature française, qui fait écho à notre époque, à certains moments (ou visionnaire avant l’heure diront certains). 

Nous sommes à Saumur. Félix Grandet est un riche propriétaire de biens et autres terres qui a profité de la Révolution française et de son ancien statut de maire de la ville pour faire de bonnes affaires. Une richesse qu’il n’étale cependant pas, bien au contraire ! Dans son foyer, on vit chichement, tout est compté et aucun signe de prospérité est mis en avant. Félix Grandet est avare et cette situation a un impact majeur sur sa femme et sa fille, Eugénie. Malgré la valse des prétendants et les beaux partis qui se présentent, son père refuse obstinément de la marier. Un jour, Charles Grandet, neveu de Félix, arrive de Paris, à la demande de son père. Ce dernier, endetté, espère que son frère pourra lui venir en aide. Très vite, Eugénie ne se montre pas indifférente à son cousin, ce qui rend son père hors de lui.

Adaptation du livre d’Honoré de Balzac, Eugénie Grandet c’est tout d’abord l’histoire d’une avarice. Celle du père qui, en dépit de son immense fortune, n’entend pas rien partager ni à sa femme, ni à sa fille unique et encore moins se divertir. On pourrait se dire qu’il a un comportement très calviniste dans le sens où rigueur et sens du travail sont les maîtres-mots pour mener une existence correcte. Toutefois, il n’en est rien, Félix Grandet est un homme cynique, limite tyrannique, toujours à l’affut du gain qu’il veut amasser coûte que coûte. Il veut prendre mais sans jamais (ou presque) donner, histoire de montrer qu’il est propriétaire dans tous les sens du terme. 

C’est dans cette logique qu’il « enferme » Eugénie, sa fille unique au sein de son foyer. Jolie femme, cette dernière ne manque de sollicitations et de prétendants, elle devrait en toute logique trouver chaussure à son pied. Pour son père, c’est l’assurance aussi de se faire bien voir au sein de la société. Cependant, il n’hésite pas à mettre à l’écart Eugénie malgré les recommandations plus qu’insistantes de son notaire. Tant pis pour le qu’en-dira-t-on ! Eugénie, c’est sa propriété, à l’instar de ses terrains et de son argent et il l’a traite ainsi !

Aussi, lorsqu’Eugénie rencontre Charles, c’est comme un déclic. Elle veut être libre, libre de ses passions, ce qui passe par s’émanciper de cet homme avare, égoïste et cynique qu’est son père. C’est l’unique moyen de s’éloigner de cet homme qui au final, n’a que peu de considération pour les autres, mais également d’affirmer son indépendance. 

Film d’époque mais très actuel, Eugénie Grandet se veut féministe avant l’heure. Avec une durée raisonnable, un bon rythme et une Joséphine Japy bien présente, le long-métrage de Marc Dugain se défend (plus que) bien et donne une interprétation assez engagée de l’œuvre de Balzac. 

Eugénie Grandet

Un film de : Marc Dugain

Avec : Joséphine Japy, Olivier Gourmet, Valérie Bonneton, César Domboy, Anne-Marie Philippe, Pierre-Olivier Scotto… 

Pays : France

Genre : Drame, Historique

Durée : 1h44

Sortie : 29 septembre

Note : 15/20

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