Tout s’est bien passé : Vers le grand voyage

François Ozon est un cinéaste qui ne cesse d’être intéressant. En tout cas, chaque film est comme un événement, car la promesse de nous parler de quelque chose de singulier, voire de fort. Son nouveau projet ne déroge pas à la règle et devrait faire parler de lui, en toute logique.

Nous sommes à Paris, un jour d’avril. Emmanuèle est une romancière épanouie aussi bien professionnellement que personnellement. Rien de particulier jusqu’au jour où elle reçoit un coup de fil de Pascale, sa sœur. Son père, André, vient d’avoir un Accident Vasculaire Cérébral, un AVC. Si l’homme de 85 ans a survécu, il est cependant très diminué, le corps à moitié paralysé. Prisonnier d’un corps qui ne réagit pratiquement plus, ayant des difficultés majeures pour s’exprimer, il demande alors à Emmanuèle la faveur suivante, l’aider à mourir. Très réticente, elle refuse, avant finalement accepter cette difficile requête. Commence alors tout un chemin à la fois complexe et profond dans lequel personne ne restera indemne. 

Il n’est pas souvent évident d’être confronté à la mort et ça l’est encore moins lorsqu’il s’agit d’un proche dont l’état de santé se dégrade et face auquel, vous ne pouvez rien faire. Emmanuèle est confrontée à cette terrible requête et ce, de façon violente dans la mesure où son père ne lui laisse pas vraiment le choix. La fille cadette est prise au dépourvu et semble assez désarmée face à ce père qu’elle aime bien sûr mais dont elle ne supportait pas non plus son cynisme et sa façon qu’il avait de lui faire des remarques plus ou moins acerbes. Un amour vache, voire vachard diront certains et qui pourrait expliquer pourquoi, à certains moments, il y a comme de la distance. Emmanuèle ne se sent pas tellement à l’aise avec la demande de son père d’autant que c’est exclusivement à elle qu’il s’est adressé plutôt qu’à son autre fille, ce que Pascale ne manquera pas de lui rappeler. 

Emmanuèle ne se défile pourtant pas et fait ce qu’elle peut pour accompagner son père qui fera recours au suicide assisté en Suisse. Malgré certains souvenirs (pas forcément agréables) et quelques blessures, elle reste présente auprès de ce père, finalement plus complexe qu’il n’y paraît. 

Tiré du roman éponyme d’Emmanuèle Bernheim paru en 2013, Tout s’est bien passé se distingue par la façon dont François Ozon raconte et rend hommage à une femme avec qui il avait travaillé sur plusieurs de ces films mais également par un impressionnant André Dussollier, tout simplement bluffant et méconnaissable, sans aucun doute la meilleure prestation qu’il ait faite jusqu’ici. 

Un film touchant qui, plus qu’un plaidoyer en faveur du droit de mourir dans la dignité, évoque subtilement les rapports complexes entre parents et enfants, en particulier face à la mort. 

Tout s’est bien passé

Un film de : François Ozon

Avec : Sophie Marceau, André Dussollier, Géraldine Pailhas, Charlotte Rampling, Eric Caravaca, Grégory Gadebois, Hanna Schygulla… 

Pays : France

Genre : Comédie, Comédie dramatique, Drame

Durée : 1h53

Sortie : 22 septembre

Note : 14/20

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