Profession du père : abus de pouvoir(s)

Benoit Poelvoorde est désormais une figure incontournable du cinéma français, ce qui est pas mal pour le Belge ^^’. Véritable acteur complet, il est capable de nous faire bien rire comme d’incarner des personnages plus ou moins complexes voire tourmentées. Son dernier rôle ne déroge pas à la règle. 

Nous sommes en 1961 à Lyon, ville dans laquelle André Choulans s’y est installé avec sa femme, Denise et son fils Émile. Pour ce dernier, son père est tout simplement une référence. L’homme a, en effet, eu plusieurs vies. Parachutiste, ancienne ceinture noire de judo, fondateur des Compagnons de la chanson… Émile est admiratif de son père qui met volontiers son statut en évidence. En fervent militaire et partisan de l’Algérie française, il est soucieux de l’ordre et de la discipline, affichant une confiance totale et sans bornes au Général de Gaulle. Les choses basculent lorsque le héros de la France Libre condamne une tentative de putsch menée par les généraux Salan, Challe et Jouaud. Pour André, c’est une véritable trahison, le coup de trop qu’il compte bien faire payer au Général. Très vite, il se réclame de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) qui souhaite déposer De Gaulle et embarque avec lui son jeune fils avec pour mission : tuer le Général. Si Émile suit son père, il se retrouve bien malgré lui dans une spirale infernale et sous l’influence d’un père de plus en plus imprévisible. 

« Profession du père », c’est l’indication que l’on retrouve sur les fiches de renseignement que nos chères têtes blondes remplissent en début d’année scolaire. Pour Émile, pas de questions à se poser. Son papa est, comme je l’ai indiqué précédemment, un héros à qui on doit la reconnaissance et surtout le respect. Du haut de ses douze ans, difficile d’imaginer que son père s’arrange un peu (voire beaucoup) avec la réalité, en s’inventant des vies qu’il n’a pas eu mais qu’importe ! André jouit d’un certain charisme, teinté d’autorité et gare à vous si vous osez le contredire ou le mettre face à ses dires. 

Aussi, lorsque le père se met en tête de se débarrasser du Général et qu’il enrôle son fils, il profite de sa position de parent pour enrôler Émile qui ne voit pas où est le mal. Son père a forcément raison, il sait ce qu’il fait et hors de question de s’opposer à lui. Il faut dire que son côté autoritaire et la terreur qu’il exerce au sein de son foyer aident suffisamment pour que personne ne s’oppose à lui. Une situation dangereuse qui pousse Émilie à obéir aveuglément peu importe les conséquences.

Malgré un rythme lent, Profession du père évoque sans détour la question de la manipulation, et par extension de l’endoctrinement face auquel un garçon se trouve démuni car agissant par respect et amour pour son père. Un père qui devient une menace pour lui-même mais surtout pour le reste de sa famille, ce qui rend les choses quelque peu tragiques. 

Profession du père

Un film de : Jean-Pierre Améris

Avec : Benoît Poelvoorde, Audrey Dana, Jules Lefebvre, Tom Levy, Nicolas Bridet… 

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h46

Sortie : 28 juillet

Note : 14/20

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