Sous les toits de Paris : rallumer les étoiles

Catherine Frot est une actrice bien connue de notre patrimoine cinématographique mais que je ne connais pas trop bien, pour être honnête avec vous. Je veux dire par là que je ne connais pas trop sa filmographie et que, en toute logique, je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup la découvrir. 

Aussi, lorsque je suis allé découvrir son dernier long-métrage, ce fut exceptionnel à double-titre. D’une part, parce que c’était le dernier film que j’allais voir avant la fermeture des salles, d’autre part parce que c’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur cette femme qui tient le rôle principal dans une histoire touchante et bien actuelle. 

Christine est une femme d’un certain âge qui vit dans la rue. Depuis plusieurs années en effet, elle a élu « domicile » un pont non loin des rails du RER C. Christine est seule, et on ne sait pas trop comment elle est arrivée dans cette situation. Une nuit, elle fait une drôle de découverte. Suli est un garçon de huit ans. Il ne parle pas un mot de français et surtout il est à la recherche de sa mère, migrante. D’abord réticente, Christine finit par prendre Suli sous son aile. Tous deux parcourent les rues de la capitale pour retrouver la jeune femme. Peu à peu, Christine retrouve l’humanité qu’elle avait progressivement perdue et qu’elle pensait disparu. 

Sous les toits de Paris était présent à l’affiche le 26 octobre dernier, soit deux jours seulement avant la seconde fermeture des salles pour les raisons que vous savez. C’est dire que ce film (parmi d’autres) a vu sa carrière stoppée nette par le confinement, ce qui est d’autant plus dommage en raison du sujet qu’il aborde. Christine est une femme qui semble accepter sa condition, celle d’une SDF qui n’attend plus grand chose de la vie et notamment des autres. Elle vit recluse et ne demande rien à personne. Dans ce monde si particulier, une seule chose importe : rester en vie ou plutôt survivre. 

Aussi, lorsque Suli débarque tel un cheveu sur la soupe, la rencontre se déroule difficilement sans accrocs. Christine se trouve subitement responsable d’un gamin qui ne parle pas un mot de français et elle qui n’arrive pas à se prendre en main, ne peut, par conséquent, s’occuper de ce garçon. C’est en toute logique qu’elle cherche à s’en séparer, elle qui a d’autres soucis à gérer. Toutefois, au cas de Suli, Christine se transforme progressivement, comme si un instinct se réveille en elle. Elle qui n’espérait plus rien, retrouve finalement une boussole. Et si aider Suli était une première étape pour s’aider soi-même et enfin s’en sortir ?

Film touchant, Claus Draxel – que j’avais découvert en 2018 avec America, documentaire très pertinent sur ces Blancs déclassés qui avaient voté Trump – décrit une réalité encore peu évoquée, celles des femmes SDF, le tout porté par une Catherine Frot remarquable. 

Vous l’aurez compris, un film qui mérite sa chance ! 😉 

Sous les toits de Paris

Un film de : Claus Draxel

Avec : Catherine Frot, Mahamadou Yaffa, Jean-Henri Compère, Richna Louvet, Raphaël Thiéry…

Pays : France

Genre : Drame

Durée : 1h27

Sortie initiale : 26 octobre 2020

Sortie post-confinement : 19 mai 2021

Note : 13/20

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