Objectif mi-décembre ? (suite)

Les professionnels du secteur ont, mardi soir, retenu leur souffle et ils peuvent, à première vue, exprimer leur soulagement (tout comme les cinéphiles d’ailleurs). En effet, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé dans le cadre du déconfinement progressif, la réouverture prochaine des salles de spectacle et de cinéma pour le 15 décembre prochain, sous réserve de l’évolution de la crise sanitaire, bien entendu. Une mesure confirmée par le Premier ministre, Jean Castex, ce jeudi matin en conférence de presse. 

Les salles indépendantes et autres multiplexes devraient donc ouvrir à nouveau leurs portes après un mois de fermeture contrainte et surtout forcée, malgré une attente de quelques jours supplémentaires. En dépit de l’existence d’un protocole sanitaire strict (qui ne devrait pas évoluer au passage), l’industrie a besoin de temps pour se remettre en selle notamment en ce qui concerne la programmation, car qui dit programmation qui promotion, et tout naturellement un délai est nécessaire pour s’assurer de la venue du public et autres fidèles. 

L’annonce du président de la République était attendue et semble bien accueillie par les professionnels du secteur qui ont désormais une perspective et vont pouvoir aborder la séquence de décembre plus sereinement. En effet, et comme je l’avais expliqué dans un précédent billet, la période des Fêtes coïncide avec celle des vacances scolaires où les comédies familiales et les blockbusters sont légions. COVID19 oblige, la programmation à venir risque d’être très certainement chamboulée. A ce propos, certains groupes et distributeurs n’ont pas attendu les décisions de l’exécutif pour prendre les devants et reporter certains films pourtant (très) attendus, comme Les Tuche 4, reporté en février prochain ou encore Alinereprogrammé à la même période. Par effet de ricochet, d’autres long-métrages ont vu leur sortie retardé, je pense tout particulièrement à OSS 117. En effet, il faudra attendre avril prochain pour connaître les aventures de Hubert Bonisseur de la Bath en Afrique noire et rire des tribulations de notre agent national, entre grivoiseries, propos sexistes et a priori racistes. 

Cette position s’explique sans doute par une certaine frilosité des distributeurs qui peinent encore à retrouver le niveau de fréquentation avant le premier confinement malgré une reprise prometteuse à la Toussaint, moment où le gouvernement a eu la « géniale » idée d’instaurer un second confinement. Si cela reste compréhensible, on peut néanmoins afficher un certain regret dans la mesure où certains films auraient pu servir d’aimant à spectateurs, d’autant que la période était plus favorable. Je pense tout particulièrement aux Tuche 4 dans le synopsis se déroule durant les fêtes de Noël justement. D’accord, ce n’est pas du grand cinéma mais c’est le genre de film qui aurait sans aucun doute trouvé son public (familial) et donc attiré du monde !

« Miss » de Ruben Alves, « Adieu les cons » d’Albert Dupontel et « ADN » de Maïwenn, sortis juste avant le second confinement et qui devraient être à l’affiche, dès le 15 dé décembre prochain

Les cinémas semblent plutôt miser sur des films qui étaient sortis juste avant le second confinement et qui avait bien marché afin de leur laisser le temps de mener tranquillement et sereinement leur carrière, c’est le cas pour Adieu les cons d’Albert Dupontel, Miss de Ruben Alves ou bien encore ADN de Maïwenn, tout en s’appuyant sur de gros films. La sortie, le 16 décembre prochain de Wonder Woman 84 tombe à point nommé et pourrait avoir un effet d’entrainement, c’est du moins ce qu’espèrent les exploitants 

Le cinéma « Le Méliès » à Montreuil (Seine-Saint-Denis), géré par l’Etablissement Public Territorial de la Métropole du Grand Paris – Est Ensemble, le 29 octobre dernier juste avant l’instauration du second confinement

D’autant que si un couvre-feu sera instauré à compter du 15 décembre prochain, il ne devrait pas trop avoir un impact sur leur activité dans la mesure où un système d’horodatage est prévu, bien que les modalités restent floues, voire ambiguës. Si pour certains comme Aurore Bergé, députée (LREM) des Yvelines et la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF) déclarent que cette mesure permettrait aux spectateurs de rentrer au-delà de 21 heures, sur présentation d’un ticket de cinéma (et donc à UGC, Pathé, Gaumont, les indépendants et compagnie de proposer une séance en soirée), d’autres, à l’instar de Stéphane Goudet, directeur du Méliès à Montreuil (Seine-Saint-Denis) la juge inutile dans la mesure où les cinémas devront bel et bien cesser leur activité à 21 heures, l’horodatage étant juste un moyen pour les gens de prouver leur bonne foi, en cas de contrôle. Un flou artistique donc qui risque encore de durer sur certains points, malgré les récentes déclarations du Président de la République à l’égard de la culture qui avaient des allures de calinothéraphie après des semaines d’incompréhension et de tension. 

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