Un compromis hybride

Alors que l’incertitude demeure la règle, les grands studios hollywoodiens anticipent déjà la suite et une année 2021 qui sera bien chargée, pour ne pas dire embouteillée, niveau blockbusters, l’idée étant de limiter la casse tout en misant sur les productions à venir. 

C’est notamment le cas pour Wonder Woman 84WW84. Initialement prévu pour juin dernier, le film de Patty Jenkins a vu sa sortie repoussée à deux reprises (en août puis en septembre) avant d’être définitivement fixée pour fin décembre aux Etats-Unis (vraisemblablement en France à la même période), restait à savoir sous quelle forme. Sur ce point, les fans se rassurent, la suite des aventures de Diana Price sera disponible sur grand écran… et en SVÀD, du moins au pays de l’Oncle Sam sur HBO Max. 

Une mesure hybride qui a tout l’air d’un compromis. Pour rappel, la Warner avait longtemps botté en touche quant au sort qu’il allait réserver à son blockbuster, dans un contexte marqué par une crise sanitaire qui n’en finit pas et qui n’en finit pas de faire des ravages dans le monde et tout particulièrement aux Etats-Unis. Face à cette situation critique, les cinémas sont plus de la moitié d’entre eux fermés et certains studios comme Disney n’avaient pas hésité en transférant certains de leurs long-métrages directement en streaming, afin de limiter la casse mais aussi faire face à l’appétit toujours plus grand de Netflix et compagnie. Une situation qui n’avait pas que ses supporters (loin de là), notamment Patty Jenkins qui a toujours défendu une sortie sur grand écran de son Wonder Woman

La solution proposée par la Warner n’est pas si surprenante en soi, dans la mesure où elle fut déjà évoquée. Toutefois, elle s’est progressivement imposée, répondant ainsi à un certain réalisme. Comme je l’avais précédemment indiqué, la situation reste particulièrement tendue aux Etats-Unis mais aussi dans le reste du monde pour l’industrie cinématographique. Qui plus est, le succès mitigé de Tenet, seul blockbuster sorti cet été, a sans doute poussé les grands studios à revoir leurs plans et à attendre des jours meilleurs, quitte à recourir de plus en plus à cette solution de facilité qu’est le SVÀD. 

Une solution de facilité qui cependant reste néfaste pour les circuits traditionnels et dont certains craignent même pour leur viabilité sur le long-terme. Nos habitudes, notre façon de voir et de consommer du cinéma évoluent, cela est un fait (que l’on approuve ou que l’on déplore) et les grandes productions l’ont bien compris même si dans leur grande majorité, elles demeurent attachées à la tradition, d’autant que rien ne peut remplacer une expérience sur grand écran. C’est d’ailleurs, leur raison d’être et de vivre, c’est-à-dire faire profiter un large public à un instant T et non chacun de son côté. 

Entrée d’un multiplex aux Etats-Unis avec la date de sortie précédente pour WW84

C’est donc par réalisme et pragmatisme que la Warner a opté pour ce compromis qui pourrait faire des émules. Face à la concurrence toujours plus vive du SVÀD, les grands studios s’adaptent et doivent trouver un équilibre (financier) durable mais surtout acceptable pour tous, entre rentabilité mais également maintien du modèle existant. Difficile de se projeter mais il n’est pas impossible que cette solution hybride se reproduise à l’avenir COVID19 ou pas d’ailleurs, du moment que les salles de cinéma ne soient pas lésées et offrent ce qu’un SVÀD ne propose pas justement. 

En attendant, Warner nous fait gentiment patienter avec sa bande annonce finale, en espérant qu’il n’y ait pas un nouvel imprévu ! 😉 

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