Couvre-feu

Emmanuel Macron, lors de son entretien à l’Elysée, le 14 octobre

Alors que la COVID19 continue sa progression et que la seconde vague est désormais une réalité, l’exécutif frappe du poing sur la table. C’est ainsi qu’hier soir, le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la mise en place d’un couvre-feu dans le but de freiner l’épidémie et les cas de contamination qui ne cessent d’augmenter. Cette mesure, effective à compter du 17 octobre minuit, sera applicable à la toute l’Ile-de-France ainsi qu’aux métropoles de Toulouse, Lille, Lyon, Grenoble, Aix-Marseille, Saint-Etienne, Rouen et Montpellier, de 21 heures à 6 heures. 

Une mesure qui concerne environ 20 millions de Français (dont votre serviteur) mais également l’industrie du cinéma et des spectacles qui ont froidement accueilli la mesure, pour des raisons évidentes. Certains, à l’instar de l’humoriste Anne Rumannoff ou bien encore de Jean Labadie, le patron du Pacte, distributeur indépendant, n’ont pas caché leur inquiétude voire leur colère.

Si la mesure était de toute façon inéluctable vue la situation, elle risque bel et bien de porter un (très) mauvais coup pour un secteur sinistré. Depuis la réouverture des salles fin juin dernier et malgré quelques chiffres encourageants (du moins au départ), le cinéma peine à retrouver son niveau d’avant la COVID19 et surtout à retrouver son public, faute de blockbusters et de reports tous azimuts malgré de larges efforts consentis. Face à la montée en puissance des SVÀD et autres plate-forme de streaming, le secteur tente de s’adapter, c’est une question de survie. 

Une survie qui se traduit notamment par une programmation adaptée mais aussi des horaires d’ouverture moins larges qu’auparavant. A Paris et en Ile-de-France, les salles et autres multiplexes n’ouvrent désormais que l’après-midi, exception faite de l’UGC Ciné Cité des Halles. Une mesure qui vise à compenser une baisse drastique de la fréquentation dont on espérait (jusque-là) qu’elle se rattrape en soirée, à un moment où les gens sortent du travail et veulent se divertir. 

Une fermeture anticipée des salles pour 21 heures n’a que des conséquences négatives, voire néfastes pour des cinémas qui peinent de sortir la tête de l’eau. Habituellement, c’est sur les séances en soirée que ces derniers réalisent une part non négligeable de leur chiffre d’affaires et ce, pour des raisons évidentes. Comme je viens de l’écrire précédemment, aller au cinéma, c’est souvent un moyen de se détendre après une longue journée de travail et de se changer les idées. D’ailleurs, c’est souvent le samedi soir (enfin d’avant la crise) que les cinés sont remplis et que les files d’attente s’allongent, à la différence de la journée où par définition, les gens sont au travail. Cette mesure risque, dans tous les cas, de rajouter une difficulté supplémentaire à une industrie à la peine et décaler les séances plus tôt dans la journée, comme l’a suggéré le chef de l’Etat est une vaste blague, signe de son manque de maitrise et de connaissance d’un secteur en crise et qui n’en peut plus ! Difficile en effet de croire que les gens pourront se libérer de leur travail pour aller en séance à 18 heures (qui sera de facto, la dernière de la journée) pour ensuite rentrer sereinement chez eux pour 21 heures ! 

« Adieu les cons » de et avec Albert Dupontel, « Aline » de et avec Valérie Lemercier et « Kaamelott, chapitre 1 » de et avec Alexandre Astier, trois films qui devraient sortir dans les prochaines semaines, une perspective désormais mise en cause

Toujours est-il que cette nouvelle donne pourrait compromettre la sortie de films très attendus comme Aline de Valérie Lemercier, prévu le 11 novembre prochain ou encore le dernier Dupontel, Adieu les cons qui sera disponible dans moins d’une semaine. On pourrait se montrer optimiste et se dire que d’autres métropoles (Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Rennes…) et grandes villes (Nancy, Metz, Dijon…) ne sont – pour l’heure – pas concernées par le couvre-feu et que l’ouverture des salles de cinéma après 21 heures pourrait compenser un manque à gagner déjà conséquent. Cependant, c’est oublier qu’à lui seul, Paris concentre une bonne partie du chiffre d’affaire des cinémas et de leurs exploitants. Seul et (très) mince espoir, que le milieu du cinéma et de la culture obtienne une dérogation pour que le couvre-feu s’applique à 22 heures, ce qui permettait de sauvegarder les séances du soir, plus rémunérateurs pour les professionnels du secteur. C’est une question de survie et je ne dis pas cela à la légère ! 

2 commentaires sur “Couvre-feu

  1. Bon jour,
    En tout cas un constat est clair, de serrer la vis aux salles de cinés, les restos et bars et tous les centres culturels c’est une aberration total quand je vois les trains, les bus, les grandes ville, les centres commerciaux, et autres métros et écoles, et universités … faut être réaliste la distanciation n’est pas au rendez-vous … et pour faire bonne mesure : les tests … alors effectivement, y a le retour de bâton … il suffirait de peu que la peste nous arrive de Chine …
    Max-Louis

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    1. Aberrant en effet, lorsqu’on sait qu’on est déjà serré comme des sardines dans les transports et que cela ne va s’arranger avec un couvre-feu à 21 heures ! Quitte à l’imposer, il aurait fallu qu’il soit pour 22 heures, ce qui aurait permis aux cinés de proposer au moins la première séance du soir !

      Lorsque j’ai entendu le président de la République dire qu’il suffira simplement d’avancer les séances, je me suis dit qu’il ne connait en rien de la situation déjà très limite des salles de cinéma ! Elles n’ouvrent désormais que l’après-midi car le matin il y a personne ! Cette mesure est dangereuse pour les salles de ciné, il faut à tout prix une dérogation parce que sinon elles ne tiendront pas très longtemps !

      Aimé par 1 personne

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