Antebellum : un passé qui ne passe (décidément) pas

L’Amérique n’en finit pas de plonger dans ses contractions mais surtout ses divisions, la campagne présidentielle en cours étant l’exemple le plus éloquent. Une Amérique qui ne sait pas trop om elle va et qui doute d’elle-même, sans oublier un passé qui passe décidément pas, source de tensions et d’affrontements, voire de violence sous toutes ses formes. 

Veronica Hanley est une auteure à succès. C’est surtout une militante de la cause noire qui se bat pour que ce qu’on appelle les Afro-américains soient mieux respectés et considérés au sein de la société américaine. Mariée, mère d’une petite fille, c’est une femme épanouie, symbole d’une certaine réussite. Un soir, au sortir de sa conférence, elle passe la soirée avec des amies avant de regagner son hôtel. Sur le chemin du retour, elle est soudainement kidnappée par de mystérieuses personnes. A son réveil, Veronica se trouve au cœur d’une plantation de coton, habillée en servante en pleine… Guerre de Sécession. Face à la cruauté et au sadisme des propriétaires du lieu, elle cherche à s’échapper au plus vite. Toutefois, elle doit percer un terrible secret. 

« Le passé n’est pas mort, il n’est pas encore passé ». Cette citation de William Faulkner – qui ouvre le film – résume assez bien l’atmosphère général, un atmosphère inquiétant et angoissant dans lequel le spectateur se trouve rapidement plongé. On est dans la réalité de l’esclavage, la plus dure, la plus inhumaine où les propriétaires blancs voient dans les noirs, des êtres inférieurs qu’il convient de traiter comme tel. Rien ne leur est quasiment épargné et c’est dans cette « ambiance » que Veronica doit survivre mais aussi rester lucide pour trouver la porte de sortie. 

D’autant que Veronica ne comprend absolument pas à ce qui lui est arrivé. Comment a-t-elle débarqué en pleine Guerre de Sécession, dans une plantation d’esclaves, elle qui vit du XXI° siècle ? Comme si le passé avait un message à envoyer au futur ? Comme si le passé, loin d’être mort, a cette capacité d’être perpétuel, de recommencer sans cesse ? Autant d’interrogations légitimes de la part du spectateur que nous sommes qui trouvent progressivement leurs réponses au fur et à mesure qu’on avance dans l’intrigue. Une intrigue qui nous réserve son lot de surprises et de situations toutes aussi surprenantes les unes que les autres. 

Grâce à un montage bien pensé et un rythme assez prenant, Antebellum détonne et impressionne. Derrière l’intrigue, il appuie surtout là où ça fait mal, c’est-à-dire les tensions qui agitent toujours autant les Etats-Unis, l’actualité récente étant tristement là pour le rappeler. Le signe également que le passé, loin d’avoir été digéré par certains, reste une référence. Une référence macabre. 

Quel dommage qu’il soit directement sorti en VÀD aux Etats-Unis ! 

Antebellum

Un film de : Gerard Bush et Christopher Renz

Avec :  Janelle Monáe, Jena Malone, Kiersey Clemons, Jack Huston, Eric Lange

Pays : Etats-Unis

Genre : Epouvante, Horreur

Durée : 1h46

Sortie : le 9 septembre

Note : 16/20

3 commentaires sur “Antebellum : un passé qui ne passe (décidément) pas

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