La révolution illimitée !

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Campagne de promotion pour les 18 ans de la carte UGC Illimité, en avril 2018.

C’est un anniversaire qui est passé inaperçu – confinement et fermeture des cinémas obligent – ce qui est dommage tant il est à l’origine d’une (petite) révolution dans l’industrie des arts et du spectacle.

En mars 2000, l’Union Générale Cinématographique (UGC) lançait une formule inédite, la carte illimitée. Pour la somme « modique » de 98 francs (soit 14,94 euros de l’époque), le second exploitant de France vous proposait d’aller dans les salles obscures où vous voulez, quand vous voulez, via un abonnement. Une offre qui avait ravi les cinéphiles mais suscité l’ire des exploitants indépendants, comme le rappelle le reportage du 19/20 ci-dessous.

A l’époque, l’objectif était simple : frapper un grand coup en attirant un maximum de (nouveaux) clients tout en leur faisant plaisir, niveau pouvoir d’achat. Le cinéma, réputé cher et accessible à une certaine catégorie de la population, se voulait davantage démocratique, ce qui supposait d’être attractif sur les tarifs, tout en captant et fidélisant un public qui restera dans le réseau d’UGC plutôt que de (re)partir dans la concurrence.

Le constat fut sans appel : la carte UGC Illimitée a trouvé ses abonnés mais aussi ses ennemis qui ont crié à la concurrence déloyale, en particulier les indépendants, notamment Martin Kramitz, fondateur du réseau mk2 et Laurent Hébert, de l’Association Française des Cinémas d’Art et d’Essai (AFCAE) qui craignaient que l’avènement de la carte illimitée sonnait le glas de ses cinémas. Dénonçant une guerre des prix, tous deux avaient, par conséquent, bataillé ferme pour faire capoter la stratégie du grand exploitant. Malgré une suspension de quelques semaines, suite à la saisie par Catherine Tasca (ministre de la Culture et de la Communication de l’époque) du Conseil de la concurrence, UGC a pu continuer à proposer cette formule et s’attirer de nouveaux clients.

Vingt ans après, la situation est sans équivoque. La carte UGC Illimitée attire encore plus d’abonnés (plus de 200 000 à ce jour) et les concurrents ont non seulement mis de l’eau dans leur vin mais se sont aussi lancés dans cette formule, à l’instar de Pathé/Gaumont qui peu de temps après a lancé son « Pass illimité ». mk2, quant à lui, a carrément fait un virage à 180 degrés en acceptant ce type d’abonnement dans son réseau, d’abord en signant un partenariat avec Pathé puis en concluant une alliance avec UGC, alliance effective depuis 2007.

Tout le monde gagne, du moins sur le papier. Le spectateur, niveau pouvoir d’achat (et autres avantages multiples), les grands exploitants qui ont une clientèle régulière et les indépendants qui montent des alliances, profitant indirectement des retombées financières et donc d’un pacte de non-agression. Cinémas indépendants et circuits peuvent même devenir complémentaires notamment en ce qui concerne la programmation, s’évitant ainsi une concurrence certaine. Des salles indépendantes l’ont bien compris à l’instar de l’Eden de Montmorency (Val d’Oise) qui depuis près de deux ans, accepte la carte UGC Illimitée dans ses locaux, tout comme le Bijou de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), ce qui est bénéfique pour tout le monde.

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L’Illimité, même s’il a connu des ratés non négligeables notamment du côté de Pathé/Gaumont, il y a quelques temps, a encore de beaux jours devant lui, bien que certains réseaux fassent encore de la résistance notamment CGR qui, que bien implanté sur le territoire (surtout en province) ne propose toujours pas de formule en ce sens, tout comme ne propose pas toujours pas au passage, de la VO dans sa programmation. D’ici la réouverture des salles, le 22 juin prochain, si vous vous demandez si l’Illimité vaut (vraiment) le coup, je vous invite à lire un article que j’avais rédigé au tout début du blog et qui me parait encore pertinent ! 😉

4 commentaires sur “La révolution illimitée !

    1. Effectivement ! L’Illimitée est une aubaine pour les films d’art et d’essai par exemple parce que le spectateur est moins contraint à faire des choix en raison de sa bourse ! Et donc il est moins réticent à aller voir un film, quitte à perdre son temps si le film était nul in fine !

      Aimé par 1 personne

      1. Exactement ! J’avais découvert plein de films grâce à ça ! Et ça m’avait même réconcilié avec la VF, que je conspuais avant !

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