Au nom de la terre : spirale infernale

4463537.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxLes agriculteurs. On l’oublie souvent mais ce sont des acteurs indispensables dans notre société. Ce sont eux qui préparent et cultivent la terre, nous permettent de manger tout simplement. Ils font souvent de lourds sacrifices et le paient – parfois – au prix cher.

C’est justement l’histoire de Pierre Jarjeau. Nous sommes en 1979. Après quelques années passées dans le Wyoming, en plein cœur des Etats-Unis, il est de retour dans sa région natale et s’apprête à épouser Claire, sa fiancée. Dans la foulée, il rachète l’exploitation de son père, une modeste ferme de quelques hectares. 17 ans après, l’exploitation s’agrandit et la famille aussi avec Thomas et Emma. L’aîné est fan de cyclisme et aide son père dans les travaux et l’élevage. Tout semble aller pour le mieux… sauf que les dettes s’accumulent. Pierre – qui ne ménage ses efforts pour rendre ferme viable – travaille beaucoup et investit dans tous les sens, au point de s’épuiser. Peu à peu, et en dépit du soutien de sa famille, il sombre et s’engage dans une spirale infernale.

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Au nom de la terre est tirée d’une émouvante histoire vraie, celle du réalisateur Edouard Bergeron, qui retrace le parcours et la descente aux enfers de son père, l’occasion aussi de revenir sur plusieurs décennies d’évolution du monde agricole, un secteur de plus en plus comprimé et qui doit faire face à un marché de plus en plus féroce et exigeant. Face à l’industrie agro-alimentaire et notamment aux grands groupes, ils n’ont pas nécessairement les armes pour se défendre et surtout être justement payé de leur dur labeur, d’autant que Pierre ne cesse de contracter crédit sur crédit, la promesse d’un bon retour sur investissement n’étant jamais loin, du moins sur le papier. Qu’importe si, au final, il a les yeux plus gros que le ventre.

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Une stratégie qu’il finira par payer cash et qui est symptomatique d’un secteur qui, au fil des années, finit par survivre et qui se retrouve de plus en plus sinistré. Pierre ne s’en sort plus, ne sait plus comment sortir de l’ornière et le soutien de sa famille – notamment sa femme et son fils ainé – a bien du mal à peser face à sa détresse légitime.

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Au nom de la terre nous rappelle une réalité bien noire, celle du monde agricole et de ces petits exploitants qui s’estiment abandonnés et qui n’en peuvent plus au point de commettre, pour certains, l’irréparable. Rappelons en effet qu’un agriculteur par jour met fin à ses jours en France, soit 365 par an. Tout simplement terrible. Le premier long-métrage d’Edouard Bergeron doit servir d’électrochoc même si dans le même temps, il rend hommage à ces femmes et hommes de courage.

Au nom de la terre

Un film de : Edouard Bergeron

Pays : France

Avec : Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon, Rufus, Samir Guesmi, Yona Kervern, Marie-Christine Orry, Solal Forte…

Genre : Drame

Durée : 1h44

Sortie : le 25 septembre

Note : 16/20

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