Diego Maradona : rencontre avec Dieu

4480486.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAsif Kapadia a une façon particulière de raconter des histoires. Après Senna sorti en 2010, qui retrace le parcours du triple champion du monde de F1, mort tragiquement sur le circuit d’Imola lors du Grand Prix d’Italie, et après Amy, sorti en 2015, qui revient sur le destin tout aussi tragique de l’interprète de Rehab, voici que le réalisateur britannique s’attaque à une autre personnalité, à la fois adulée comme détestée : Diego Maradona.

La légende du pibe de oro débute aux pieds du Vésuve en 1984. Après deux saisons au FC Barcelone, Maradona est transféré au SCC Napoli pour 7,3 millions de dollars. C’est une sacrée somme pour le club napolitain qui est fortement endetté et qui est plutôt mal-classé dans le tableau du championnat. Ce détail n’effraye pourtant pas l’international argentin. Durant sept ans, il contribuera aux succès majeurs du club avec trois titres de champion d’Italie et une coupe de l’UEFA (l’ancêtre de la Ligue Europa) contre le VfB Stuttgart. Parallèlement, il contribue largement à la victoire de l’Albiceleste à la Coupe du monde 1986 au Mexique. Plus qu’un joueur de talent, Maradona est un véritable Dieu vivant pour ses supporters, les napolitains en tête. Cette gloire a cependant un prix et derrière le strass, les paillettes et la célébrité, Diego Maradona s’abîme jusqu’à provoquer sa chute.

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Si Pelé est un Roi, Maradona est sans conteste un Dieu ! C’est du moins ce que pensent les plus fervents supporters de l’attaquant argentin mais également le spectateur que je suis après avoir vu les 2 heures et 10 du documentaire qui lui est consacré. Monté à partir des archives personnelles du footballeur, Diego Maradona retrace le parcours d’un homme bourré de talent mais également en prise avec ses démons. C’est en effet à Naples que Diego va se révéler et établira un rapport intime avec cette ville et ses habitants. Pour les Napolitains, Diego, c’est plus qu’un homme providentiel, c’est la providence incarnée. Ce statut à part fait de lui un homme respecté, protégé, intouchable, jusqu’à qu’une autre Coupe du monde – celle de 1990 jouée en… Italie – vienne tout bouleverser. Diego laisse peu à peu place à Maradona, une personne obscure, abîmée par la cocaïne et qui entretient des relations troubles avec la mafia, ce qui ne sera pas sans conséquences.

Volume 2, Page 13, Picture 4, 10234981. Sport, Football. 1986, World Cup Final, (Mexico City). Argentina Captain, Diego Maradona holds the World Cup trophy whilst being carried on his team-mates' shoulders.

Portrait intime et surtout sans concession, Diego Maradona nous présente les fastes mais aussi les affres de la légende comme si son talent unanimement reconnu était une bénédiction, mais aussi un fardeau, voire une malédiction. Des bidonvilles de Buenos Aires à sa villa de Naples en passant par sa fameuse main de Dieu lors du match explosif Argentine – Angleterre lors du quart de finale du Mundial 1986, Asaf Kapadia nous décrit un homme décidément bien complexe, ce qui ne peut que contribuer à sa légende.

Diego Maradona

Un film de : Asif Kapadia

Pays : Royaume-Uni

Genre : Documentaire

Durée : 2h10

Sortie : le 31 juillet

Note : 16/20

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