[CANNES 2019] Douleur et gloire : les blessures intimes (et passées) d’un cinéaste

Ce film a été présenté en compétition du Festival de Cannes qui se déroule du 14 au 25 mai.

1896822.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxPedro Almodovar est une légende à lui tout seul, et je n’exagère pas quand je dis cela. La première que j’ai entendu parler de lui, c’est à travers son film mythique Talons aiguilles, film dans lequel j’ai aussi découvert la belle Victoria Abril, la plus française des actrices espagnoles. Depuis, je continue à explorer le cinéma d’Almodovar, un cinéma mélancolique, particulier, spécial mais jamais ennuyeux.

Preuve en est avec son nouveau long-métrage, Douleur et Gloire, en compétition au Festival de Cannes. Ce nouveau projet raconte l’histoire de Salvador Mallo, un réalisateur de renom qui a connu le succès vers la fin des années 1980 avec son film Sabor. Trente ans après, usé par les problèmes de santé et les doutes existentielles, il a tout simplement perdu l’inspiration. Dans cette période de latence, il renoue le contact avec Alberto Crespo, l’acteur fétiche de son film, et se remémore de moments-clé de son enfance, en compagnie de sa mère, non loin de Valence. Entre douleur et gloire, Salvador pourra-t-il retrouver un sens à sa vie ?

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Salvador Mallo est-il l’alter ego de Pedro Almodovar ? Ce dernier jure que non mais on ne peut s’empêcher d’en douter un peu, comme si le réalisateur de Julieta, Habla con el ou encore Tout sur ma mère a voulu se dévoiler mais pas trop. Douleur et Gloire, c’est tout d’abord, l’histoire d’un cinéaste qui a perdu ses repères et ne sait pas trop où il va. Il plonge alors dans son passé pour mieux fuir son présent, voire son avenir. Le passé, par définition, c’est quelque chose qui rassure et dans lequel on tente de trouver quelques réponses. Plusieurs évènements ont constitué des moments plus ou moins marquants dans sa vie. Sa relation avec Jacinta, sa mère en fait partie. Une relation forte, centrale pour le jeune Salvador qui vit dans un environnement modeste. L’ascension sociale et le succès, il l’obtient quelques années après avec son film qui fait de lui une légende vivante. Mais cette notoriété, il l’a vit comme un poids, ce qui a des répercussions sur son physique, son mental et sa création. Une façon de dire que d’accéder à la gloire, c’est obligatoirement un fardeau ?

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C’est un peu la question qu’Almodovar pose en filigrane durant près de deux heures. Porté par un très bon Antonio Banderas – loin, très loin des standards hollywoodiens et autres blockbusters – et une Penelope Cruz, touchante et grave à la fois, Douleur et Gloire place un cinéaste face à lui-même, face à ses doutes et ses angoisses, explorant son passé pour espérer aller mieux. Le ton est le même, à savoir mélancolique, mais qui correspond très bien à l’univers et à l’esprit d’Almodovar, un esprit qui décidément me fait aimer le cinéma espagnol, un cinéma qui mériterait d’être davantage mis en avant et surtout reconnu.

LEID UND HERRLICHKEIT

Une reconnaissance qui passerait enfin par une distinction à Cannes, cette année ? La Palme d’Or, tant qu’à faire ! 😉

Douleur et Gloire (Dolor y Glora)  

Un film de : Pedro Almodovar

Pays : Espagne

Avec : Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia, Nora Navas, Julieta Serrano, Penelope Cruz…

Genre : Drame

Durée : 1h54

Sortie : le 17 mai

Note : 16/20 

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