Les Régions, moteur du cinéma français

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Rhône-Alpes Studios, bâtiment financé par la Région Auvergne – Rhône-Alpes, à Villeurbanne (Métropole de Lyon)

Le financement d’un long-métrage constitue le plus souvent l’épreuve ultime, parfois digne de Koh-Lanta. Il faut en effet convaincre les banques, les télés mais aussi les directions culturelles et régionales de l’Etat.

A ce jeu, les Régions occupent une place centrale, voire essentielle aussi bien économiquement que logistiquement. En 2018, elles investissaient 140 millions d’euros soit autant que le montant alloué par Canal Plus, un effort tout particulièrement apprécié par le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC). Avec 20 millions d’euros dédiés dans son budget, l’Ile-de-France est la première collectivité régionale qui soutient la création cinématographique et audiovisuelle devant Auvergne – Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. La région-capitale se taille même la part du lion puisqu’un film sur deux tourné en France se fait à Paris et/ou ses environs et que la filière emploie localement 19 000 permanents et 113 000 intermittents.

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Source : Région Ile de France

Parallèlement, la Région Ile-de-France, à travers sa Commission du film créée en 2004, assure la promotion de la filière cinéma et audiovisuelle tout assurant l’attractivité et la compétitivité du territoire francilien. Pour ce faire, elle tient à jour une base de données de plus de 2 500 fiches décors, sert de lien de contact entre acteurs et professionnels du cinéma et accompagne enfin les projets cinéma, de leur conception à leur réalisation. C’est ainsi qu’en 2018, elle a accompagné treize films nommés aux César dont La Douleur, Un amour impossible, Un peuple et son roi, L’Empereur de Paris et Première Année mais également Le Grand Bain et Jusqu’à la garde, les deux grands favoris de la compétition de ce soir.

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Douze des treize films sortis en 2018 financés et/ou soutenus par la Région Ile-de-France

Cette politique ambitieuse s’explique en effet dans une logique de soutenir des productions modestes et/ou indépendantes mais aussi de maintenir l’Ile-de-France comme région motrice du cinéma hexagonal. Dans un contexte particulièrement concurrentiel, le septième art demeure un agent de promotion par excellence et de soutien, l’impact sur des activités comme le tourisme ou bien encore l’industrie pouvant être majeures. La position de Paris constitue un avantage comparatif majeur même si les autres entités régionales tirent également leur épingle du jeu. En 2017, la Nouvelle-Aquitaine, par exemple, avait accueilli le tournage d’En Guerre de Stéphane Brizé et le film avait obtenu 143 000 euros d’aides à la production. De son côté, le Grand Est (qui porte plus de 150 projets par an) et l’Eurométropole de Strasbourg avaient participé à la production d’A genoux les gars. Enfin, la région Sud – Provence Alpes Côte d’Azur a contribué nettement au financement (et au succès) d’En Liberté ! le dernier film de Pierre Salvadori, qui fait lui aussi figure de favori. D’autres entités enfin font du tournage en cours ou passé d’un film un atout marketing à l’instar du Nord-Pas de Calais qui a profité de la sortie de la Ch’tite Famille de et avec DanyBoon pour faire la promotion de l’ex-région administrative, désormais appelée Hauts de France.

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Promotion de « La Ch’tite Famille » à l’Hôtel de Région des Hauts-de-France à Lille (Nord)

Ce soutien des régions est donc indispensable qu’autant qu’elles sont, le plus souvent, dénicheuses de talents. En effet, nombre de réalisateurs hexagonaux ont vu leur carrière débuter avec le soutien des pouvoirs locaux. C’est dans cette optique que la Région Ile-de-France mise tout particulièrement sur l’aide à l’écriture de scénario et pilote un projet de de création d’une Maison francilienne des scénaristes afin de favoriser l’insertion des professionnels débutants et l’émergence des jeunes talents.

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Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, lors de la 43ème cérémonie des César

Autant de positions qui visent à faire des Régions des partenaires incontournables dans la production et la réalisation hexagonale, même si le calcul politique n’est jamais loin. En 2018, par exemple, Valérie Pécresse fut accusée de récupération pour s’être félicitée du sacre de 120 Battements par minute – film soutenu par le Conseil régional – alors qu’elle est connue pour être une partisane de la Manif pour tous. Malgré tout, ce fort attrait des Régions est sans commune mesure comparé au reste du monde, ce qui constitue un atout non négligeable pour le cinéma français et qui le leur rend assez bien.

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