Utoya, 22 juillet : l’horreur et l’angoisse en temps réel

1884093.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxParler terrorisme n’est pas une chose facile au cinéma, surtout lorsqu’il s’agit de le faire avec réalisme. Qui plus est, dans le contexte que nous connaissons et auquel nous sommes confrontés – la triste actualité récente du côté de Strasbourg nous le rappelle cruellement.

Alors lorsqu’Erik Poppe s’est penché sur la tragédie d’Utoya, j’ai voulu voir comment il aborderait cet évènement qui a marqué et marque toujours la Norvège. Nous sommes le 22 juillet 2011. L’Arbeidernes Ungdomsfylking (AUF, Ligue des Jeunes travaillistes), la branche jeunesse du Det norske Arbeiderparti (Parti travailliste norvégien) tient son camp d’été sur une île située à une heure d’Oslo. Quelques heures auparavant, le quartier des ministères de la capitale avait été frappé par un attentat à la voiture piégée. Malgré l’annonce, les jeunes militants profitent de l’ambiance entre moment de détente et débats. Kaja est l’une des participantes. Elle est venue avec sa sœur, Emilia. Kaja sympathise avec d’autres congressistes lorsque des coups de feu éclatent. Des gens s’enfuient. Anders Breivik, qui vient de commettre l’attaque d’Oslo, vient de pénétrer dans l’île, déguisé en policier, et tire sur les participants. Kaja a juste le temps de partir, mais dans la panique elle perd la trace de sa sœur. Entre survie et angoisse, elle tente par tous les moyens de la retrouver.

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72 minutes. C’est ce qu’a durée le massacre de Brevik sur l’île d’Utoya. Le terroriste a entrepris, de façon froide et méthodique, un assassinat de masse, exprimant au passage son exécration des travaillistes et des valeurs qu’ils défendent. C’est ce contexte particulièrement effroyable et glaçant que nous raconte le réalisateur norvégien à travers un plan séquence unique, en temps réel. La caméra est en effet très proche des personnages et le spectateur ressent au plus près leurs émotions. Mieux (ou pire, c’est selon), il est un personnage à part entière. Aux côtés de Kaja, il se retrouve dans cet enfer dans lequel des jeunes qui avaient des idéaux et surtout toute la vie devant eux tentent tout simplement d’échapper à la mort et à la folie d’un homme ultra-déterminé.

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Le résultat est saisissant et très anxiogène. Le film se concentre en effet sur les victimes de l’attentat et les spectateurs que nous sommes se sentent bien impuissants face à leur détresse. Si Anders Brevik (enfin, la personne qui l’incarne) n’apparait pratiquement pas du début à la fin, on sent littéralement sa présence. Elle est clairement angoissante, oppressante. On se sent tout simplement mal à l’aise et on n’attend qu’une chose : que cet enfer prenne fin !

C’est sans doute cette ambiance qu’Erik Poppe a voulu recréer, se basant sur les témoignages et le vécu des survivants et blessés, ce qui donne un réalisme glaçant. La violence n’a pas besoin d’être montrée, elle se ressent et tétanise les traqués à commencer par Kaja qui malgré tout, reste déterminée à retrouver sa sœur, comme si cela lui donnait une force, du moins lui évite de vaciller, quitte à se mettre en danger.

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Utoya, 22 juillet est à la différence d’Un 22 juillet, réalisé par Paul Greengrass (et sorti sur Netflix en octobre dernier) se veut plus réaliste et surtout moins factuel dans la mesure où il permet de se mettre à la place de celles et ceux qui ont vécu cette journée horrible.

Une journée horrible qu’il ne convient d’absolument pas oublier surtout dans les temps qui courent.

Utoya, 22 juillet (Utøya 22. Juli)

Un film de : Erik Poppe

Pays : Norvège

Avec : Andrea Berntzen, Elli Rhiannon Müller Osbourne, Aleksander Holmen, Brede Fristad, Sorosh Sadat…

Genre : Thriller, Drame

Durée : 1h34

Sortie : le 12 décembre

Note : 16/20

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