Silvio et les autres : Bunga, bunga !

0333266Silvio Berlusconi est un personnage à lui tout seul. Le genre de personne que tout cinéaste aimerait adapter sur grand écran tant il fascine autant qu’il soit un épouvantail. Ce qui est sur, c’est qu’il ne laisse personne indifférent.

C’est désormais chose faite puisque Paolo Sorrentino s’attaque au Cavaliere dans son nouveau film Silvio et les autres. Nous sommes à la fin des années 2000. Silvio Berlusconi est le leader du parti de centre-droit Il Popolo della Liberta (Le peuple de la liberté). Il est au sommet de sa puissance, bien qu’il soit dans l’opposition sur le plan politique. Ce qui ne l’empêche pas, malgré ses déboires judiciaires et les intrigues politiciennes, d’être adulé et apprécié par beaucoup. Dans cette société italienne qui se cherche, il applique à celle-ci, les règles du libéralisme à tout crin et fait de ses rencontres ou de ses amitiés, différentes variables de sa vie.

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La bande-annonce a quelque chose d’alléchant, surtout lorsque vous la voyez pour la première fois. Sulfureuse, érotique, politiquement incorrect… à l’image du Cavaliere et on s’attend à un portrait sans concession et acide de l’ancien Président du Conseil italien, quelque chose d’assez acide, bien acide même. Mais celles et ceux qui s’attendent à voir un Berlusconi rhabillé pour l’hiver risquent d’être légèrement déçus. En effet, Paolo Sorrentino ne cherche pas la voie de la facilité, celle qui aurait consisté à voir ce magnat des média être une parfaite caricature de lui-même, celle qu’on aime tant, nous Français. Le réalisateur de La Grande Bellezza nous livre une version plus complexe et plus « humaine » de Berlusconi, un homme, comme je l’écrivais précédemment, a fasciné durant de longues années (et qui fascine toujours d’ailleurs), une bonne partie de ses congénères. Se rapprocher du Cavaliere, c’est comme entrer dans la cour des grands, du moment qu’on satisfasse ses désirs, à l’instar de Sergio, un homme d’une trentaine d’années qui se voit un destin politique, sous la bénédiction de celui en qui il voit un Dieu.

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Mais derrière l’image de winner que Berlusconi a toujours entretenu, se cache un homme assez réaliste sur sa condition et ses rapports aux autres. A près de 70 ans, l’homme sait qu’il n’est plus tout jeune mais il ne peut difficilement s’y résoudre. La politique, les soirées gigantesques qu’il organise et surtout les femmes de 20, 30 ans qu’il fréquente, c’est son assurance vie, ses meilleures armes pour enrayer le déclin, à défaut de l’éviter. Ce qui donne une image touchante mais également pathétique d’un homme qui vit dans ses illusions et qui s’en accommode sans problème.

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Sorti en deux parties de respectivement 1h44 et 1h40 en Italie, Silvio et les autres est un bon bloc de 2h31 chez nous, une durée qui aurait mérité d’être raccourci à mon sens, en raison d’un rythme assez dense et lent. Pour le reste, Toni Servillo campe avec justesse l’ancien leader italien, ce qui donne au film une saveur particulière.

Silvio et les autres (Loro)

Un film de : Poalo Sorrentino

Pays : Italie

Avec : Toni Servillo, Elena Sofia Ricci, Riccardo Scamarcio, Kasia Smutniak, Euridice Axen…

Genre : Biopic, Drame

Durée : 2h31

Sortie : le 31 octobre

Note : 13/20

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