I feel good : entre profit(s) et Emmaüs

2883759.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxGustave Kervern et Benoit Delépine ont fait (et font toujours) les beaux jours de Groland, le programme très « Hara-Kiri » de Canal +. Un concentré de conneries et d’humour à la fois très beauf mais en même temps subtil, pour ne pas dire distingué. Une façon assez trash mais efficace pour dénoncer les contradictions de notre société, le tout en faisant le pari de l’absurde. C’est ce même pari que les deux compères ont fait dans leurs précédentes réalisations cinématographiques. Après Mammuth en 2010 et Saint-Amour en 2015 (la liste n’est bien évidemment pas exhaustive !), les voici avec leur nouveau long I feel good au scénario caustique.

Nous sommes près de Pau, en Aquitaine. Monique dirige une communauté Emmaüs, à la vie plutôt paisible. Un jour, Jacques, son petit frère, débarque. Si elle est assez surprise de la voir après plusieurs années d’absences, elle l’accueille avec bon cœur et générosité, à l’image de son centre. Si Monique a plutôt les pieds sur terre et souhaite avant tout venir en aide à des gens en réinsertion sociale, Jacques n’a qu’une idée en tête : trouver le concept qui le rendra immédiatement riche, à l’instar d’un Bill Gates, Steve Jobs ou d’un… Jean-Marie Messier. Obstiné par cette volonté, ce sont en réalité deux visions du monde qui s’opposent et qui ne manqueront pas de s’affronter.

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Etre un self-made man. Découvrir le concept qui va révolutionner le monde. Jacques, roublard et bon à rien notoire, y croit dur comme fer. Il en est convaincu, il a un destin, il fait partie de la lignée de ceux qui ont inventé l’iPhone, Windows ou encore Internet et que son heure est venue. Il fait partie de la caste des winners, des leaders. Aussi, s’il rend visite à sa sœur et reste un temps au sein de la communauté Emmaüs qu’elle dirige, c’est pour mieux tester son idée auprès des membres. Quitte à oublier qu’au sein des centres fondés par l’Abbé Pierre, le profit, la recherche du gain ou bien encore la rentabilité, ce n’est pas trop la marque de fabrique de la maison ! Si sa sœur se montre plutôt bienveillante et conciliante vis-à-vis de lui, c’est pour mieux lui faire comprendre que ses idées (ou plutôt son idée) ne prennent pas tellement au sein de personnes qui portent, à l’instar du camp, portent des valeurs diamétralement opposées. Mais ce détail ne semble pas effrayer notre cher Jacques, qui non seulement n’a peur de rien.

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I feel good pose une question assez essentielle, celle de notre rapport au bonheur. Après tout ? Qu’est-ce que le plus fondamental ? Devenir le nouveau Steve Jobs ou tout simplement aider autrui et développer une communauté ? Ce sont deux visions du monde et de la société qui s’opposent sur fond d’une comédie assez grinçante et absurde, à l’instar de Jacques, incarné par un très bon Jean Dujardin mais également une Yolande Moreau, fidèle à elle-même.

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Rire et faire passer des messages, c’est bel et bien le cinéma que j’aime ! (avec une subtile critique du macronisme au passage !) 😉

I feel good

Un film de : Gustave Kervern et Benoît Delépine

Pays : France

Avec : Jean Dujardin, Yolande Moreau, Joseph Dahan, Lou Castel, Jean-Benoît Ugeux…

Genre : Comédie

Durée : 1h43

Sortie : le 26 septembre

Note : 14/20

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