Bon. Cela fait quelques jours que je délaisse mon carnet virtuel et que je me fais un peu moins présent sur les réseaux sociaux. Rien de bien grave rassurez-vous (love is in the air, dirons-nous ^^) mais toujours est-il que j’ai un peu moins fréquenté les salles obscures ces temps-ci. Mais je vais très vite y remédier et corriger cette faute ^^

En attendant, il y avait de la concurrence hier soir à la télé. Si France 2 diffusait Un moment d’égarement avec François Cluzet, Vincent Cassel, Alice Issaz et Lola le Lann, et Numéro 23, l’inoubliable Huitième Jour avec Daniel Auteuil et Pascal Duquenne, TF1 faisait l’événement avec le premier volet des aventures d’Anastasia Stelle et Christian Grey.

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C’était donc le film à l’affiche, sa première diffusion en clair, près de trois ans après sa sortie. Autant dire que la première chaine généraliste de France avait mis le paquet niveau promotion, histoire de se faire des recettes publicitaires, surtout en présentant le long-métrage en première partie de soirée. Les fans de 50 nuances étaient tous excités à l’idée de voir notre jeune héroïne innocente et naïve, tomber sous le charme du fringuant millionnaire et découvrir ses penchants plus ou moins particuliers.

Mais c’était sans compter sur plusieurs détails pour le moins curieux. En effet, et malgré une interdiction estampillée aux moins de 12 ans, TF1 n’a pas hésité à expurger les scènes les plus olé-olé de l’histoire, afin que le film puisse être diffusée à une heure de grande écoute. La décision de la chaîne cryptée est logique dans la mesure où le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a relevé l’interdiction du film pour les mineurs à 16 ans contre 12 lors de sa sortie cinéma. Diffuser l’œuvre comme telle aurait obligé la chaine de Boulogne-Billancourt à programmer 50 nuances à partir de 22h30, chose tout à fait possible mais moins rentable, en matière d’audience et de rentrées publicitaires.

Dès lors, TF1 a demandé (selon ses dires) à la réalisatrice Sam Taylor-Wood, une version légèrement retouchée de l’histoire afin que son film puisse passer à une heure de grande écoute, se conformer à la recommandation du CSA et tout simplement se faire d’importantes recettes publicitaires. Une attitude qui n’a pas tardé à faire réagir les cinéphiles et autres spectateurs de 50 nuances qui ont vu le film original et qui ont tout simplement hurlé. Moi même, ayant pris le film en route, j’ai été dérouté, tout comme ma chère et tendre qui n’avait tout simplement pas reconnu le projet et qui n’a pas caché sa déception !

Car si l’intention était louable, le résultat est pour le moins curieux. 50 nuances version TF1 ne ressemble vraiment à rien et le film, expurgé de ses scènes les plus sulfureuses, ressemble à un vulgaire téléfilm de l’après-midi, un genre dont la chaîne et sa concurrente, M6, sont particulièrement friands. Difficile donc pour le spectateur de comprendre la relation malsaine qui existe entre Christian Grey et sa « soumisse » et difficile surtout pour TF1 d’assumer une telle ligne éditoriale, d’autant qu’elle n’est pas à son premier coup d’essai. Django Unchained, le génial film de Tarantino avait connu le même sort, niveau purge, comparaison à l’appui !

La chaîne cryptée a donc fait le choix de la facilité, au risque de dénaturer l’œuvre et la rendre à peine compréhensible. Cette stratégie démontre également la difficulté de TF1 d’assumer clairement ses choix, elle qui veut toujours paraître comme une chaîne généraliste, familiale et accessible à tous. Moralité, autant aller au cinéma, comme cela on est sur que le film sera diffusé tel quel. Quant à TF1, je leur souhaite bien du courage pour diffuser 50 nuances plus sombres dans quelques temps ! 😉