Taxi Sofia : la Bulgarie au vitriol

3161842Dans la série « Les nouvelles expériences cinématographiques », direction la Bulgarie. Pays de 7,3 millions d’habitants. Capitale : Sofia. Membre de l’Union européenne depuis 2007. Un Etat des Balkans situé sur les rives de la Mer Noire et qui tente plus bien que mal de tourner la page de quarante ans de communisme.

C’est dans cet état d’esprit que s’inscrit Taxi Sofia qui raconte le parcours et le destin de six chauffeurs et de leurs clients, une nuit dans la capitale. Auparavant, un de leurs collègues, en réalité un chef d’entreprise, a voulu se donner la mort après avoir abattu son banquier à qui il devait de l’argent et dont il refusait de lui verser de nouveaux pots de vins pour obtenir un prêt. Quatre personnalités au profil différents et dont le terrible fait divers sert alors de fil rouge.

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Lorsqu’on parle de l’état du pays, c’est plus souvent dans un taxi que l’on fait, du moins ce n’est pas rare. En effet, c’est le moyen de transport par excellence où chacun s’improvise politologue, décernant les bons et les mauvais points aux dirigeants. Chacun expose son analyse de la société, le plus souvent très acerbe. La Bulgarie n’échappe pas à la règle, on peut même dire qu’elle prend très chère ! Entre corruption, crise des valeurs, ou encore désirs d’émigration, la société bulgare se met à nu. Tout semble aller pour le pire dans ce pays qui reste encore imprégné de l’héritage communiste. Certains, à travers leurs remarques sans concessions sur leurs compatriotes contemporains, semblent même regretter cette époque. Non, dans la Bulgarie post-communiste, on pense désormais à quitter le pays, tant les dirigeants sont mauvais, que la jeunesse est insolente et que l’Etat brille par sa nullité.

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Taxi Sofia, c’est aussi le profil de certains personnages qui sont autant d’indicateurs de réussite que d’oubliés de l’actuelle Bulgarie. La différence est en effet patente entre les chauffeurs de taxi et leurs clients. Si les seconds sont des gens plutôt issus des classes moyennes, voire aisées, du moins de ceux qui plutôt bien profité de la période post-communiste, les premiers sont des gens au parcours accidentés voire brisé. Chauffeur de taxi, ce n’est absolument pas leur vocation, c’est plus un complément de revenus, un truc pour dépanner, en attendant des jours meilleurs. La confrontation entre ces deux groupes devient alors inévitable et montre assez clairement les tensions palpables qui subissent au sein des Bulgares.

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Tourné sous forme subjective, Taxi Sofia est un portrait au vitriol de la Bulgarie, cynique, noir, chaotique et clairement assumé. Bien que l’ambiance ne s’y prête pas tellement, le spectateur se surprend à rire de temps à autre. Mais bon, je reste persuadé que ce pays doit être charmant, n’est-ce pas Marie ? 😉

Taxi Sofia (Posoki)

Un film de : Stephan Komandarev

Pays : Bulgarie

Avec : Vassil Vassilev, Ivan Barnev, Assen Blatechki, Irini Zhambonas, Vasil Banov…

Genre : Drame

Durée : 1h43

Sortie : le 11 octobre

Note : 13/20

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