Un palmarès prudent ?

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Commenter le palmarès de Cannes lorsqu’on n’a jamais eu l’opportunité d’être sur place et encore moins d’avoir vu l’ensemble des films est un exercice très compliqué. Mais le cinéphile que je suis s’en remet aux spécialistes et à sa curiosité pour vous livrer son impression.

Si sur la forme, le 70ème Festival de Cannes n’a pas dérogé à la règle et qu’il a vendu, comme chaque année, du rêve, des strasses et des paillettes. Mais Cannes ne serait pas Cannes sans sa polémique et cette année, le scandale n’est pas venu d’un film ou des propos d’un réalisateur mais de Netflix. Venu présenter deux productions en compétition, la présence du géant mondial de la vidéo à la demande n’est pas passée inaperçue. Elle a surtout divisé les professionnels du milieu comme le jury. Si au bout du compte ni Okja, ni Meyerowitz Stories ont été primés à l’issue de cette quinzaine, la plateforme aura réussi à se faire parler d’elle et surtout poser les questions qui fâchent. Notre façon de voir des œuvres et d’aller au cinéma change et il faudra que le circuit traditionnel en prenne note sous peine de subir le mouvement plutôt que de l’anticiper. En clair, c’est l’avenir du cinéma tel que nous le connaissons qui se pose, même si à titre personnel, je ne m’inquiète pas tellement sur sa capacité à innover.

Mais l’irruption de Netflix n’a pas empêché le Festival de suivre son cours et nous proposer un nouveau palmarès lors de la cérémonie de clôture présidée par la toujours sublime Monica Bellucci. Si certains films ont échoué à tirer leur épingle du jeu comme Okja (pour les raisons que j’ai décrites plus haut), si des réalisateurs sont rentrés bredouille comme François Ozon, Michael Haneke ou encore Michel Hazanavicius (tous les deux pourtant récompensés dans le passé et tous deux dézingués par la critique), d’autres œuvres et artistes ont été distingués.

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L’actrice allemande, Diane Kruger, recevant son Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans « In the Fade » de Fatih Akin

Ainsi, si j’ai été agréablement surpris que Joaquim Phoenix (qui le plus tout autant sinon plus) obtienne le Prix d’interprétation masculine pour You were never really here, je le fus davantage pour Diane Kruger. L’actrice allemande remporte le Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans In the Fade de Fatih Akin où elle incarne une femme qui traque un groupuscule néo-nazi responsable d’un attentat qui a coûté la vie à son mari d’origine turque et son fils. Une première récompense majeure pour cette interprète d’exception, à l’aise avec tous les genres.

Si beaucoup attendaient que 120 battements par minute obtienne le graal ultime, son réalisateur, Romain Campillo devra se contenter du Grand Prix du Jury, succédant à Xavier Dolan et Juste la fin du monde. Le film, qui raconte les débuts d’ActUp, une association de lutte contre le SIDA et de soutien aux séropositifs, connue pour ses actions musclées et médiatiques, a beaucoup fait parler de lui à Cannes. Après vu la bande annonce, je trouve dommage qu’il n’y ait pas reçu une plus grande distinction mais bon ! Ce n’est que partie remise ! Pour le reste, il faudra attendre patiemment le mois d’août pour découvrir ce film percutant.

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Le réalisateur suédois Ruben Ostlund, recevant la Palme d’Or pour « The Square »

C’est finalement The Square du Suédois Ruben Ostlund qui décroche la prestigieuse Palme d’Or. J’en connais assez peu sur ce film hormis qu’il s’agit d’une comédie satirique sur le monde l’art, qu’il dure 2h30 et qu’il sortira à l’automne prochain. Aussi, difficile vraiment de me faire une opinion sur le gagnant, on verra le moment venu !

D’autres prix ont bien sur été décernés comme celui de la scène pour Sofia Copolla et du scénario, remis ex-aequo à Yorgos Lanthinos et Lynne Ramsay sans oublier la Caméra d’Or à Léonor Seraille. Nicole Kidman a même obtenu un prix spécial pour les 70 ans du Festival, bien que je m’interroge encore sur sa pertinence. Signe sans doute que le Festival a joué la carte de la prudence plutôt que celle de l’audace. En attendant l’année prochaine ! 😉

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