Rodin : les complexités d’un artiste

296563Alors que le Festival bat son plein et entre dans sa dernière ligne droite, deux des films qui sont en compétition officielle sont à l’affiche cette semaine. Et avant d’aller découvrir le dernier Ozon qui promet d’être intéressant sur le papier, rencontre avec Rodin, un biopic signé Jacques Doillon.

Le cinéaste se concentre sur un épisode marquant de l’artiste dont nous célébrons les cent ans de sa disparition cette année. Nous sommes en 1880. Auguste Rodin est au sommet lorsque l’Etat lui commode une œuvre d’envergure. Ce sont Les Portes de l’Enfer composées de figurines qui passeront à la postérité telles que Le Baiser et Le Penseur. Pour réaliser cette tâche immense, il est accompagné de Camille Claudel, sa jeune assistante mais également maitresse. Très vite, la relation entre Claudel et Rodin, entre complicité et rivalité, conditionnera l’avancée de l’œuvre, et influencera le travail de l’artiste.

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On connaît assez peu Rodin, hormis pour les œuvres que je vous ai citées. Homme très besogneux, il est surtout très exigeant avec lui-même au point parfois de douter. Il a 40 ans, lorsqu’il semble enfin obtenir la reconnaissance de ses pairs mais il estime incompris du public et de certains intellectuels qui dénigrent son travail. Cette situation le désole mais servira aussi de moteur pour mettre en valeur ses réalisations. Sa collaboration avec Camille Claudel sera à la fois déterminante mais constituera dans le même temps un frein. La jeune femme est follement amoureuse de Rodin et ce dernier voit en elle sa muse, sa source d’inspiration, malgré son amour pour les femmes et sa fidélité à Rose Beuret. Une sorte de triangle amoureux s’installe et influence le travail de l’artiste. Si Rodin n’est pas fidèle au sens strict du terme, c’est tout simplement pour se sentir libre en particulier dans sa manière de penser, de sculpter et de dessiner, notamment les femmes. Rose est indéniablement son socle, sa compagne de toujours dans les bons comme les mauvais moments. Camille, en revanche, c’est sa muse, sa boussole, elle qui a le regard acéré sur ses réalisations. Son emprise est réelle, comme si elle était l’inspiratrice véritable de Rodin et qu’elle était à l’origine de toutes ses réalisations. Mais derrière l’admiration sans bornes que Camille donne à Rodin, on sent naitre une certaine tension, comme si le second aime à rappeler à sa protégée que c’est lui qui est au sommet et pas elle.

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Malgré un rythme lent, le long-métrage de Jacques Doillon fait ressortir, avec pertinence, la personnalité complexe de Rodin, un homme qui a tant donné mais qui aurait aimé recevoir davantage en retour, que cela soit sur le plan personnel comme artistique, ce qui explique aussi une certaine retenue, voire froideur, du personnage. Un personnage très bien incarné par Vincent Lindon, toujours remarquable tout comme Izïa Higelin dans celui de Camille Claudel.

Rodin

Un film de : Jacques Doillon

Pays : France

Avec : Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele, Edward Akrout, Zina Esepciuc…

Genre : Drame

Durée : 2h00

Sortie : le 24 mai

Note : 14/20

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