A voix haute – La force de la parole : si l’éloquence est une arme, alors soyons armés !

A_voix_haute_La_force_de_la_paroleC’était il y a un an et demi, au lendemain des horribles attentats du 13 novembre. Alors que tout le monde était encore abasourdi par ce qu’il s’était passé au Bataclan, dans des terrasses et au Stade de France, j’avais eu une discussion houleuse avec un camarade de Sciences Po, à propos de la Seine-Saint-Denis. Il avait répondu du tac-o-tac :

« Rien n’a jamais réussi dans le 93, la preuve. C’est un foyer de dealer et d’échecs. Désolé, je ne veux pas qu’il soit érigé en modèle de société. Bien au contraire… le plus loin, le mieux ».

Alors lorsqu’on présente ses habitants et ce département que j’aime tant sous un autre angle, loin de la caricature, des stéréotypes et autres poncifs (qu’il ne s’agit cependant pas de nier, bien évidemment), je ne peux qu’approuver et encourager mon entourage à s’intéresser à ce qui s’y passe vraiment. Comme ce concours d’éloquence organisé depuis 2013 à l’Université Paris VIII de Saint-Denis et qui est l’objet du documentaire A voix haute – La force de la parole, réalisé en 2015 par Stéphane de Freitas.

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Etudiants, issus de différents cursus, ils se préparent à cette compétition qui désigne le meilleur orateur du « 9-3 ». Durant six semaines, ces jeunes, aidés par des avocats et des professeurs, apprennent les codes de la rhétorique, de l’argumentation mais aussi à prendre la parole et s’exprimer en public pour mieux le convaincre. L’occasion pour le réalisateur d’évoquer le parcours de certains d’entre eux comme Yacine, Leïla, Eddy ou encore Souleïla.

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A voix haute a eu plusieurs vies : d’abord diffusé sur YouTube, le documentaire fut adapté pour France 2 en novembre 2016 dans le cadre de la série Infrarouge, en version courte (1h17). La version cinéma, rallongée d’une vingtaine de minutes, permet d’approfondir certains aspects du documentaire mais également de mieux connaître certains participants à ce concours, exigeant mais ô combien stimulant. Certains d’entre eux n’avaient jamais osé prendre la parole en public et pensaient, à tort, que l’éloquence était réservée aux étudiants brillants, inscrits dans les meilleures universités, écoles ou établissements de type « Sciences Po ». Une image toute faite que s’emploiera à casser l’un des professeurs, Bertrand Périer. Inscrit au barreau de Paris, il poussera à la perfection, mais avec une extrême bienveillance, ses étudiants dans leurs retranchements, et les encouragera à se sublimer, à aller au-delà de qu’ils pouvaient imaginer.

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Et le résultat est impressionnant ! Le spectateur voit en face de lui des étudiants qui manient à la perfection l’art de la rhétorique et qui se dépassent dans ce concours pour montrer qu’ils peuvent convaincre tout un auditoire. Au-delà d’un simple concours, c’est toute cette jeunesse qui est mise à l’honneur et qui veut sa part de France, à l’instar de celui ou celle qui vit les beaux quartiers.

Vous l’aurez compris, c’est mon véritable coup de cœur et il est difficile de rester insensible à la candeur, l’enthousiasme mais également la détermination sans faille de ces étudiants qui démontre que la banlieue n’a rien à envier. Oui, si l’éloquence est une arme, soyons armés ! J’ai toutefois un regret : que le documentaire ne soit diffusé qu’à Paris intra-muros ! (du moins sur le réseau UGC)

A voix haute – La force de la parole

Un film de : Stéphane de Freitas

Pays : France

Genre : Documentaire

Durée : 1h39

Sortie : le 12 avril

Note : 18/20

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