Les figures de l’ombre : conquérir l’impossible

573198La conquête de l’espace a été l’une des aventures les plus remarquables du siècle dernier. Elle a mobilisé des centaines, voire des milliers d’hommes pour réaliser l’impossible. Ce qu’on sait moins, c’est que les femmes ont également pris part à la conquête spatiale et pas uniquement à des tâches minimes, bien au contraire.

Les figures de l’ombre revient sur l’histoire vraie de Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, trois noires américaines qui ont participé au premier programme de vol habité dans l’espace en 1962. Trois femmes brillantes qui mettront à profit leurs connaissances pour permettre à l’astronaute John Glenn de voler en orbite. Mais dans une Amérique qui connaît encore la ségrégation, elles vont devoir mener un autre front : changer les mentalités à la NASA. Une tâche autrement difficile mais pour laquelle, elles trouveront des alliés.

Celles et ceux qui ne goûtent pas tellement aux films « good-movie » devront s’y faire parce que le long-métrage de Theodore Melfi est en plein dedans. Attention, il ne s’agit pas non plus d’occulter les choses et de faire croire que « tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil à la NASA ». En effet, l’Agence spatiale américaine reste à l’image des Etats-Unis du début des années 1960 : en pointe au niveau de la technologie, ambitieuse pour conquérir l’espace et faire la nique à l’Union Soviétique mais encore teinté de préjugés racistes. Katherine, Dorothy et Mary l’apprendront à leurs dépens. Malgré le poste qu’elles occupent et le lieu prestigieux où ils travaillent, elles peinent à être reconnues à leur juste valeur car femmes, et (surtout) noires. Or, la conquête spatiale passe également par la lutte pour l’égalité et contre les discriminations. Al Harison, chef du programme spatial (interprété par un bon Kevin Costner), sera précurseur en la matière en accordant sa confiance à Katherine, tandis que Dorothy s’appuiera sur ses compétences et sa malice pour gagner le respect de ses supérieures. Quant à Mary, elle sera encouragée par certains de ses collègues pour entreprendre des études d’ingénieur, ce qui est très ambitieux à une époque où ce métier était réservé aux hommes, blancs de surcroît.

Si la fin est quelque peu prévisible et le film évite soigneusement de tomber dans le mélodrame pour ne montrer qu’une image finalement sympa de la NASA (en mode, « nous avons été précurseurs dans le combat pour l’égalité »), Les figures de l’ombre vaut le détour, ne serait-ce pour rendre hommage à ces femmes méconnues du grand public qui ont réalisé l’impossible et changé, d’une certaine manière, le cours de l’Histoire. Barack Obama ne s’y est pas trompé puisque l’ancien Président des Etats-Unis décorera, en 2015, Mary Johnson, de la Médaille de la Liberté, l’équivalent de notre Légion d’Honneur.

Les Figures de l’ombre (Hidden figures)

Un film de : Theodore Melfi

Pays : Etats-Unis

Avec : Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner, Kirsten Dunst…

Genre : Biopic, Drame

Durée : 2h06

Sortie : le 8 mars

Note : 14/20

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