20th Century Women : des pionnières ordinaires

473501.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxDans un monde qui bouge en permanence, le regard que l’on porte est essentiel. Encore faut-il être bien guidé, conseillé. Dans un contexte marqué par les contestations, les changements de vie, c’est aussi l’occasion d’être un peu à l’avant-garde, pour mieux se rapprocher de ceux qu’on aime et mieux les comprendre, parfois avec maladresse.

Santa Barbara, 1979. Dorothea, 55 ans, élève seule son fils Jamie, 15 ans. Ingénieure, elle gagne plutôt bien sa vie et surveille constamment l’évolution de ses actions en bourse. Mais elle est inquiète. Elle a le sentiment que son fils s’éloigne peu à peu de lui et souhaite l’aider à affronter le monde qu’il entoure et qu’il ne comprend pas toujours. Elle fait alors appel à Abbie, sa colocataire de 24 ans, et Julie, sa voisine et meilleure amie de Jamie pour l’aider dans son ambitieuse tâche.

20th Century Women, c’est tout d’abord le portrait de trois femmes, trois générations dans l’Amérique de la fin des années 1970, celle de Jimmy Carter et de la contre-culture, juste avant la révolution conservatrice et libérale de Reagan. Trois femmes au parcours et aux valeurs différentes, marquées par un fait marquant de leur vie. Il y a bien sur Dorothea, interprétée par Annette Benning, mère divorcée et qui a tendance à inviter chez elle tous celles et ceux qu’elle croise sur son passage pour mieux combler un sentiment de vide et de solitude affective. Abbie, incarnée par la toujours délicieuse Greta Grewig, un artiste punk, plutôt fragile et qui se remet difficilement d’un cancer du col de l’utérus. Enfin Julie, jouée par Elle Fanning, ado de 17 ans à la fois malicieuse, un peu rentre-dedans avec les adultes mais qui peine véritablement à trouver sa place et qui multiplie les histoires sans lendemain avec les garçons comme pour combler, là aussi, un manque affectif, malgré les sentiments plus qu’évidents que Jamie ressent pour elle.

Le tout sous le regard de Jamie qui fait l’objet d’une attention particulière. Abbie et Jamie ont pour mission de lui donner les clés à la compréhension du monde mais surtout des gens. L’angle adopté est féminin et l’adolescent sera initié au féminisme, au combat pour l’égalité des sexes et des sujets comme la sexualité ainsi que les relations hommes/femmes seront évoqués. Pas vraiment étonnant dans cette Amérique de la toute fin des années 1970 et surtout dans cette Californie, progressiste, laboratoire d’idées des liberals (les gens de gauche) de l’époque.

20th Century Women, c’est l’histoire de trois pionnières ordinaires, féministes sans en porter l’étiquette (et sans le revendiquer d’ailleurs) qui ont l’ambition de transmettre des valeurs alternatives à un jeune homme, face à l’absence d’un père malgré la présence de William, autre membre de la colocation. Un exercice qui connaitra ses succès mais également ses revers et qui porte un regard intéressant sur l’éducation monoparentale. De cette expérience, personne n’en sortira indemne, mais tous auront contribués à changer le monde d’une certaine manière. Le film ne tombe pas dans le mélo, ni dans l’intellectualisme, bien au contraire ! On se surprend même à rire de situations et d’échanges cocasses, ce qui rend l’atmosphère agréable.

20th Century Women

Un film de : Mike Mills

Pays : Etats-Unis

Avec : Annette Bening, Greta Gerwig, Elle Fanning, Billy Crudup, Lucas Jade Zumann…

Genre : Comédie, Drame

Durée : 1h58

Sortie : le 1er mars

Note : 15/20

 

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