Lion : entre identité et quête du retour

lion-garth-davis-afficheDans la série « Les films qui risquent de vous faire pleurer un bon coup » et oscarisables, on part à la découverte d’un film australien à l’histoire peu banale et au casting de premier choix.

Nous sommes en 1986 en Inde. Saroo est un garçon de cinq ans qui vit dans la plus grande modestie avec sa mère, son frère ainée, Gudu, et sa sœur. Avec Gudu, ils ramassent du charbon qu’ils revendent pour subvenir aux besoins de la famille. Un soir, Saroo accompagne son frère qui recherche du travail pour la nuit et l’attend dans la gare. Ne le voyant pas revenir, il embarque dans un train qui l’emmène à plus de 1600 kms de chez lui, à Calcutta. Devant survivre dans la rue, il est par la suite adopté par un couple d’Australiens. 20 ans après, Saroo, en quête d’identité, souhaite renouer avec son passé.

Tiré d’une histoire vraie, Lion fut vite comparé à Slumdog Millionnaire, sorti en 2008, sans doute que parce que l’acteur britannique, Dev Patel, y joue également le rôle principal. Si la comparaison est flatteuse, le lien s’avère peu pertinent tant les deux histoires sont bien différentes. Si Slumdog Millionnaire raconte l’histoire d’un jeune homme, issu des rues de Bombay, qui se retrouve propulsé dans la célèbre émission « Qui veut gagner des millions ? », Lion évoque plusieurs thèmes dont deux dominants : la quête de l’identité et celle du retour. Si Saroo est devenu un parfait Australien, il arrive à un moment de sa vie où il a besoin de renouer avec son passé, de comprendre pourquoi il s’est perdu de chez lui et surtout pourquoi sa famille n’a pu être en mesure de le retrouver. Des flashs, des souvenirs furtifs lui reviennent en mémoire, et ces éléments de sa vie le hantent. Pour avancer et faire la paix avec lui-même, Saroo veut affronter son passé et « rentrer » chez lui. Le tout sous l’œil de sa mère adoptive dont il craint la réaction, mais ne peut que comprendre la démarche de son fils.

Cette obsession dominera l’existence du jeune homme qui culpabilise, probablement à tort, sur sa situation. Car si le destin a été cruel avec lui (être séparé de sa famille), il a paradoxalement été magnanime. Saroo vit dans une famille aimante, il ne manque de rien et peut se bâtir un avenir, ce que le jeune homme accepte difficilement et l’empêche de vivre pleinement.

Dev Patel, que j’ai découvert dans la série britannique Skins, il y a dix ans, est touchant dans cette histoire, même s’il n’apparaît qu’à la moitié du film, la première partie étant centrée sur l’enfance de Saroo. Certains penseront que l’histoire est convenue et sans relief, ils n’auront pas tout à fait tort. Bien qu’il ne soit pas transcendant, Lion reste un récit fort qui parlera aisément à celles et ceux qui furent adoptés ou qui ont adopté. Pour le reste, les critiques dithyrambiques laissent à penser qu’il demeure un sérieux candidat pour les Oscars à la toute fin du mois. Encore quelques jours pour voir s’ils avaient raison de s’emballer ou non.

Lion

Un film de : Garth Davis

Pays : Etats-Unis

Avec : Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman, David Wenham, Sunny Pawar…

Genre : Biopic, Aventure, Drame

Durée : 1h58

Sortie : le 22 février

Note : 14/20

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