American Honey : jeunes marginaux à la rencontre du Midwest

american_honeyDans la série, « les films indépendants qui valent le détour », une réalisation américano-britannique assez bien travaillée et convaincante. Bon, il faut juste se dire que le film dure 2h43, ce qui peut en rebuter certains mais qui peuvent se digérer facilement in fine.

Star est une ado de 18 ans et l’ainée d’une famille dysfonctionnelle. Etouffée par son père et confrontée à une mère qui refuse d’assumer ses responsabilités, elle rencontre Jake et sa bande de potes. Ils parcourent les Etats-Unis et vendent des magazines aux habitants. La jeune femme décide de tout quitter et embarque avec le groupe. Elle parcourt le Midwest et s’adapte peu à peu à leur mode de vie.

American Honey, une expression pour dire « Américain(e) pur jus ». Deux mots plutôt flatteurs pour décrire une jeune femme qui prend la route pour mieux fuir un quotidien clairement déprimant – le film s’ouvre avec Star qui, en compagnie de sa sœur et son frère, font les poubelles pour pouvoir remplir le frigo – et se sublimer, conquérir une certaine liberté. Jake lui donne cette possibilité, de s’évader, d’aller voir du pays, de vivre tout simplement. Sur de lui, beau gosse, intrépide, il arrive à un moment opportun pour la jeune femme qui, immanquablement, est attirée par lui. C’est sans compter sur le groupe, ses codes et surtout Krystal, la boss, celle qui gère son business d’une main de fer et mène Jake par la baguette. C’est en toute logique qu’elle voit d’un mauvais œil, l’arrivée de Star, cette Texane qu’elle considère comme une pecno.

American Honey, c’est également un voyage en immersion dans cette Amérique intérieure, blanche, plutôt fortunée et conservatrice, fière de la bannière étoilée. Attention, le film ne propose pas une excursion dans les Etats-Unis de Donald Trump (le film avait été tournée bien avant son élection d’ailleurs) mais plutôt un choc des cultures. Le spectateur averti que je suis, reste surpris à la vue de cette « mainstream America », un peu sauvage et qui nous fait rappeler que ce pays ne se résume pas à la côte Est et la Californie.

Le film de la britannique Andrea Arnold avait reçu le Prix du Jury au dernier festival de Cannes, signe qu’il avait marqué les esprits. S’il n’est pas exceptionnel en soi, il vaut tout de même la peine d’être vu. Malgré un rythme assez lent (ce qui est logique et justifié étant donné que notre joyeuse troupe est en mode « on the road again »), l’histoire reste forte et met bien en évidence Star, cette jeune femme qui apprend à grandir, à aimer, à devenir femme dans l’euphorie et la désillusion. L’occasion également de revoir Shia LeBoeuf qui est plutôt pas mal dans un registre hors blockbusters ou grosse production hollywoodienne.

American Honey

Un film de : Andrea Arnold

Pays : Royaume-Uni

Avec : Sasha Lane, Shia LaBeouf, Riley Keough, Shawna Rae Moseley, Arielle Holmes

Genre : Comédie, Drame

Durée : 2h43

Sortie : le 8 février

Note : 14/20

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s