La couleur de la victoire : pour l’Histoire et la performance

046183Dans un peu plus de deux semaines débutent les Jeux de Rio. Grand messe sportive de deux semaines où les meilleurs athlètes de la planète vont s’affronter dans l’esprit de Coubertin. Deux semaines de grandeur olympique où les sportifs tenteront de se surpasser et nous faire rêver.

La période semble bien choisie pour que Stephen Hopkins nous fasse découvrir son nouveau film. Retour quatre-vingt ans en arrière. Nous sommes en 1933 dans l’Ohio. A Cleveland, le jeune Jesse Owens s’apprête à entrer à l’Université. Bon coureur, il est repéré Larry Snyder, un entraineur en manque de résultats. Ce dernier lui promet le rêve olympique à Berlin s’il travaille d’arrache-pied. Mais dans une Amérique qui pratique la ségrégation entre noirs et blancs et une Allemagne qui veut faire des prochains Jeux olympiques, la vitrine de son idéologie nazie, est-il bien raisonnable de participer ? Une question à laquelle Jessie Owens devra y répondre, non sans difficultés.

La Couleur de la Victoire c’est avant tout une performance, celle de Jesse Owens, sprinteur entré dans l’Histoire pour avoir remporté quatre médailles d’or aux Jeux de Berlin en 1936 dans un contexte politique mondial très chargé. Comme je viens de l’écrire, le régime nazi souhaitait faire de ces olympiades une vitrine de promotion du nazisme et de ses idées rétrogrades (c’est le moins qu’on puisse dire !). Toutefois, consciente de la mauvaise publicité que pourrait lui apporter un boycott de plusieurs nations, dont les Etats-Unis, l’Allemagne va jouer de diplomatie et de stratagème pour obtenir à défaut d’un soutien, une sorte de neutralité bienveillante. Avery Brundage, membre du comité national olympique américain et futur président du Comité International Olympique, l’apprendra à ses dépens, même s’il tentera d’adopter une ligne ferme et sans concession face aux dignitaires nazis.

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C’est au milieu de cette drôle d’ambiance que Jesse Owens devra se préparer et réaliser son rêve. L’homme le plus rapide du monde sera également rattrapé par sa conscience. Dans une Amérique très marquée par la question raciale, comment ne pas relever cette hypocrisie dont fait preuve son propre pays ? Toutefois, ne pas aller à Berlin, c’est d’une certaine manière donner raison au régime nazi et le jeune athlète ne peut s’y résoudre.

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La Couleur de la victoire vaut le détour. Même si on connaît à l’avance le dénouement, le film conserve un certain suspense, ce qui lui donne un intérêt certain. Les plans sont remarquables, tout comme les acteurs. Outre Stephen James, remarquable dans le rôle de Jesse Owens, et Jeremy Irons dans celui d’Avery Brundage, mention spéciale à Jason Sudeikis qui incarne Larry Snyder, l’entraineur d’Owens. Pour quelqu’un dont j’avais l’habitude de voir dans des comédies plutôt plan-plan romantiques (du genre « Jamais entre amis »), je l’ai tout simplement trouvé agréable dans son rôle de soutien.

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Un sacré moment histoire à quelques jours des JO de Rio, on ne peut pas rêver mieux !

La Couleur de la Victoire (Race)

Un film de : Stephen Hopkins

Pays : Canada/Allemagne/France

Avec : Stephan James, Jason Sudeikis, Eli Goree, Shanice Banton, Carice Van Houten, Jeremy Irons…

Genre : drame, historique, biopic

Durée : 2h03

Sortie : le 27 juillet

Note : 16/20

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