Le fils de Saul : un film dur, profond et réaliste

fils_de_saulFilmer le monde concentrationnaire est toujours difficile, même si on utilise dans certains cas (comme La vie est belle en 1998) le ton de l’humour pour donner une certaine humanité. C’est difficile pour le réalisateur, c’est surtout difficile pour le spectateur tant l’ambiance dans laquelle il est plongé est dure, pesante, voire insoutenable.

Le fils de Saul ne déroge pas à la règle. Nous sommes en 1944 et le film raconte les deux journées de Saul, un déporté juif hongrois qui fait partie d’un Sonderkommando, un groupe strictement séparé du reste du camp d’extermination et qui est chargé de récupérer les affaires et effets personnels des nouveaux déportés avant leur envoi dans les chambres à gaz. Pouvant être exécuté à tout moment, Saul croit, lors d’un convoi, reconnaître le corps de son fils et souhaite l’enterrer et éviter qu’il ne termine incinéré. Dans le même temps, d’autres déportes et membres du Sonderkommando organisent la résistance dans le camp d’extermination. A la recherche d’un rabbin pour inhumer le corps de son fils, Saul se joint à eux pour mieux s’en détacher, bien occupé et décidé à offrir une sépulture à son fils dont il ne s’est que peu occupé quand il était vivant.

LE FILS DE SAUL PHOTO1

Dès la première minute, le film donne l’ambiance : glacial et anxiogène avec un plan carré qui incite le spectateur à être au plus près de Saul et de l’intrigue, et surtout ce qu’il voit et dans quel monde il vit : la mort est omniprésente dans ce camp d’extermination où on voit des convois entiers de déportés être menés dans les chambres à gaz. On les entend crier, supplier et on les voit tirés au sol par les membres du Sonderkommando. L’image est dure même si elle volontairement floue et éloignée du champ de vision du spectateur mais elle est nécessaire. Dans cet univers, Saul est en sursis et sait qu’il peut à tout moment rejoindre les fosses ou les chambres à gaz. Il survit quitte à perdre toute humanité. Et si cet enfant qui croit reconnaître comme étant le sien, est celui qui lui permettrait de retrouver cette humanité et de survivre ?

C’est dans ce paradoxe (la mort pour survivre) que Saul va tout faire pour enterrer son fils (présumé) et tenter de retrouver un sens à sa vie. Comme je vous le disais, le film est dur, l’ambiance est anxiogène et parfois difficile à vivre tant on montre sans concession, une vision réaliste d’un camp d’extermination même si cela ne constitue pas la trame principale du film.

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Résultat, en dépit d’un rythme lent (en même temps, vu le contexte et l’ambiance du film, faire autrement serait compliqué), Le fils de Saul est un coup de poing, un film à découvrir et qui mérite son prix du Jury à Cannes en mai dernier. Ce film bien qu’il évoque la Shoah, n’est pas un film sur la Shoah, mais sur un homme en quête d’humanité, dans un monde apocalyptique.

Le fils de Saul (Saul fia)

Un film de : Laszlo Nemes

Pays : Hongrie

Avec : Géza Röhrig, Levente Molnár, Urs Rechn…

Genre : drame

Durée : 1h47

Sortie : le 4 novembre

Note : 14/20

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