« Good Kill » : un anti « American Sniper ». Vraiment ?

GOOD_KILL_176_OK.inddUn film de guerre, c’est toujours un moment particulier à vivre, quelque soit la période visitée d’ailleurs. Outre l’action et les sensations fortes que cela procure, il y a toujours un côté moral qui n’est jamais très loin, le petit volet politique, militant où on fait passer un message, une conviction.

Good Kill n’échappe pas à la règle et pose nombre de questions. Le film s’intéresse à l’histoire de Thomas Egan, major dans l’US Air Force basé à Las Vegas et qui pilote des drones bien qu’il rêve de piloter à nouveau un avion. Il a une vie de famille agréable, lui permettant de voir les siens très souvent. Cependant, Thomas commence peu à peu à s’interroger sur le bien-fondé de ses missions et sur leur finalité. En pilotant des drones sensés surveiller et neutraliser des terroristes, ne contribue-t-il pas à en créer de nouveaux ?

Quand on pense à Good Kill, on pense immédiatement à American Sniper, le film de Clint Eastwood sorti en février dernier en France et qui a fait un carton aux Etats-Unis et on est rapidement tenté d’opposer les deux long-métrages en faisant un film « militant » pour le premier et un film « patriote » pour le second. Comparaison facile et trompeuse en réalité car Good Kill est bien plus complexe. Tout au long du film, le personnage principal exprime ses doutes sur le bien-fondé de ce qu’il fait mais aussi sur lui-même. Il exprime également ses frustrations, lui qui rêve de voler mais qui est coincé dans une vie qui ne lui correspond pas vraiment, celle d’un militaire, père de famille faisant du surplace.

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A travers Thomas, Good Kill pose des questions pertinentes : tout est-il permis au nom de la lutte contre le terrorisme ? Jusqu’où il est permis de pousser le principe de guerre préventive même si cela implique des civils en tant que dommages collatéraux comme il est coutume de le dire, dans une formidable langue de bois ? Enfin, jusqu’où faut-il continuer à obéir ?

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Autant de questions qui font que Good Kill est un film intéressant à voir et sans doute un peu trop intello pour certains. Est-ce parce qu’il pose trop de questions en filigrane, qu’il se base sur des faits réels et que l’armée en prend pour son garde qu’il a été vivement critiqué par cette dernière et que les critiques ont descendu en flèche ce film à sa sortie aux Etats-Unis ? Un peu dommage car c’est justement lorsque l’Amérique se fait ébranler via une remise en cause d’une de ses institutions qu’elle en devient intéressante et plus réaliste. En tout cas, le réalisateur du film, Andrew Nicol, est habitué de poser les questions qui fâchent surtout quand elles sont pertinemment et bien posées comme dans Lord of War avec Nicholas Cage par exemple.

Good kill

Un film de : Andrew Nicol

Avec : Ethan Hawke, Zoe Kravitz, January Jones, Jake Abel, Bruce Greenwood…

Pays : Etats-Unis

Genre : drame

Durée : 1h42

Sortie : le 22 avril

Note : 13/20

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