Selma : un film coup de poing pour l’Histoire

060744On dit souvent que l’Histoire se répète. Je ne sais pas si c’est vrai mais ce qui est sur, c’est qu’elle émet des échos souvent.

Aussi, celles et ceux qui iront voir Selma ne pourront s’empêcher de faire un lien, une comparaison avec l’actualité récente qui a touché la communauté afro-américaine l’été dernier à Ferguson et à New York l’été dernier, signe (supplémentaire) que s’il y a eu des avancées, le combat n’est pas terminé, loin de là !

Et pourtant que de chemins parcourus depuis ce jour de mars 1965 où les Noirs de la ville de Selma décident de faire une marche qui les conduira jusqu’à Montgomery, la capitale de l’Etat d’Alabama, afin de revendiquer un simple droit mais ô combien primordial, celui de voter et de se présenter aux élections, en toute transparence et sans embuches. Le film revient sur cette période assez tendue mais également palpitante de l’Histoire des Etats-Unis où un simple décret, la défense d’un droit fondamental va changer la vie de milliers d’individus qui se retrouvaient jusqu’ici exclus en raison de la couleur de leur peau.

L’occasion de s’arrêter sur Martin Luther King et au premier biopic qui lui est consacré. On y voit un pasteur tel qu’on le connaît dans les livres d’Histoire, c’est-à-dire charismatique, excellent orateur et habile politicien. Mais derrière l’homme publique et d’Eglise, existe également un Martin Luther King, plus sombre, qui doute à maintes occasions et qui paraît même hésitant à certains moments. En clair, un portrait plus humain du personnage permettant de mieux saisir sa complexité notamment dans les moments plus intimes. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les évènements ayant conduit à la marche sur Montgomery furent le théâtre d’oppositions, de discussions souvent musclées au sein de la communauté noire d’Alabama et dans lequel Martin Luther King semble être en retrait, c’est du moins l’impression qui est laissée par le film, sans doute pour ne trop porter le poids de celui-ci sur les épaules de David Oyelowo, l’acteur britannique signant là une interprétation du célèbre pasteur pour le moins remarquable et remarquée !

SELMA PHOTO2Selma est un film nécessaire comme le souligne si justement L’Express. Nécessaire pas seulement au regard de l’actualité récente mais également au nom du fameux devoir de mémoire. Un véritable coup de poing (dans tous les sens du terme) qui caractérise ce film qui ne tombe pas dans la complaisance d’un côté comme de l’autre. Le casting est également séduisant notamment les seconds rôles tels Tom Wilkinson jouant un président des Etats-Unis – Lyndon B. Johnson – soucieux de la trace qu’il va laisser dans l’Histoire et Tom Roth, en gouverneur de l’Alabama – George Wallace – jusqu’au boutiste dans sa volonté farouche de ne pas accorder le droit de vote aux Noirs, quitte à réprimer toute manifestation en ce sens dans le sang. Un film percutant qui aurait pu se terminer par des images de la commémoration des cinquante ans de la marche de Selma, présidée par Barack Obama, comme en guise de clin d’œil.

SELMA PHOTO5Selma

Un film de : Ava Duvernay

Avec : David Oyelowo, Carmen Ejogo, Tom Wilkinson, Oprah Winfrey, Tim Roth…

Pays : Etats-Unis

Genre : drame

Durée : 2h02

Sortie : le 11 mars

Note : 17/20

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