Le Printemps du cinéma (et les soucis du cinéma français)

577143_519228841461077_448946370_nVous n’avez rien à faire ce dimanche et les deux jours qui suivent ? C’est le moment de vous rendre dans une salle obscure !

Depuis cet après-midi, a lieu le traditionnel Printemps du Cinéma, un peu partout en France. Jusqu’à mardi soir, bénéficiez d’un tarif unique de 3,50 € la place, l’occasion de voir et/ou de revoir nombre de films à l’affiche, sans vraiment se ruiner, ce qui peut être utile en ces temps de crise.

L’opération a un objectif assez clair : inviter les Français que nous sommes à se rendre au ciné et se faire une toile régulièrement. Une promotion qui arrive à point nommé en ces temps de crise et notamment pour le cinéma français qui fait la grise mine selon le quotidien « Le Parisien »

Films « alimentaires », entrées décevantes, critiques assassines, dialogues affligeants… la production française fait de moins en moins le poids et surtout séduire les spectateurs qui préfèrent de loin des productions anglo-saxonnes, essentiellement américaines.   Résultat ? Une très forte baisse de fréquentation des salles de ciné (respectivement -10% et -21%) en janvier et février derniers comparés à ces mêmes mois l’année dernière.

Chacun y va de son avis pour expliquer un tel gadin : scénarios bâclés, frilosité des financiers et de certains partenaires (notamment les chaînes de télévision), acteurs trop grassement payés et scénaristes payés au lance-pierre, thèmes usés et réutilisés jusqu’à la corde, histoires à dormir debout ou au contraire trop prise de tête… Le cinéma français ne fait plus (vraiment) rêver et a du mal à (se) vendre. Conséquence ? Hormis Boule et Bill (avec 1,5 million d’entrées) et Paulette (qui a, à ce jour, atteint le million d’entrées), les autres films hexagonaux n’ont pas connu le succès escompté, réalisant même pour certains de mauvais chiffres comme Pas très normales activités ou Turf.

cinema

« Beaucoup de gens du métier s’accordent sur un constat : la France a tendance à bâcler le travail. Une bonne idée, quelques acteurs, un scénario qui donne l’impression de tenir la route, et roulez jeunesse. De quoi ouvrir un boulevard aux grosses locomotives américaines. Depuis début 2013, la part des films français sur le marché intérieur est retombée de 47,6% à 36,7%, alors que les blockbusters d’outre Atlantique, dans le sillage de Tarantino et son ‘Django Unchained’, s’approprient plus de 54% du gâteau. Cela atteste que le public n’est plus dupe. Qu’il ne mord plus systématiquement à l’hameçon de ces acteurs dits « bankables », dont le charisme est inversement proportionnel aux entrées », constate de manière implacable Pierre Vavasseur dans Le Parisien. En clair, là où le cinéma français ne prend la tête et ne travaille pas, le cinéma américain continue encore à surprendre et à vendre du rêve, un détail qui compte surtout quand on se rappelle du prix exhorbitant du ticket de ciné, un prix qui vous incite à réfléchir à deux fois avant d’aller voir un film surtout s’il est français !

A cela s’ajoute le comportement même des acteurs français qui, de l’avis même de Fabien Onteniente, préfèrent faire le service minimum, côté promo. Pour le réalisateur de « Camping » et de « Jet-Set », ces derniers ne jouent pas suffisamment, tirant sur le volet les émissions qu’ils veulent bien faire à la différence des acteurs américains qui doivent assurer le service après-vente du film, comme le prévoient leurs dispositions contractuelles.

Difficile dans ces conditions pour le cinéma français d’attirer les foules surtout s’il se donne lui-même les coups ! Sans doute qu’il faudra qu’il se remette en cause comme le suggère Fabien Onteniente qui plaide pour la réunion d’Etats généraux de la comédie française. L’idée est séduisante mais cela ne suffira pas sans doute et il sera nécessaire d’aller plus loin. Plus loin aussi que les retentissants succès d’Intouchables et de The Artist qui finalement n’ont été d’un écran de fumée, un écran qui a été préjudice au cinéma et à la production française.

Mais bon, on peut toujours se consoler avec « Amour » (réalisé par l’Autrichien Michael Haneke, oscarisé meilleur film étranger et produit entre-autres par France Télévisions) et avec « Le Printemps du Cinéma », histoire d’aider notre beau cinéma français ! Et sans doute que la bande annonce devrait vous y aider un peu ! 😉

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